Canal+: Gad Elmaleh peut-il faire rire l’Amérique?

TELEVISION Dans «10 minutes in America», lundi à 22h20 sur Canal+, l’humoriste raconte son périple aux Etats-Unis où il s’est essayé au stand-up sur les traces de son maître Jerry Seinfeld…

Annabelle Laurent

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Gad Elmaleh présente son spectacle "Sans Tambour", à Nice, le 5 juin 2014.
Gad Elmaleh présente son spectacle "Sans Tambour", à Nice, le 5 juin 2014. — SIPA

Oh my Gad, il l’a fait. L’an dernier, en septembre 2013, Gad Elmaleh affrontait pour la première fois l’exigeant public de l’un des clubs de stand-up les plus courus de New York. En anglais, et comme un inconnu, lui qui remplit les salles depuis 20 ans en France.

«Mais pourquoi repartir de zéro?»: une bonne question de son idole et ami Jerry Seinfeld, le cador de la discipline. Il y répond avec 10 minutes in America, un documentaire sous forme de carnet de route intime qu’il a co-écrit, et diffusé ce lundi soir sur Canal+.

Une vanne toutes les 15 secondes

«C’est comme si tu allais construire des voitures en Allemagne ou faire du vin en France. Ici, le public est habitué à l’excellence»: Jerry Seinfeld, qui fait toute l’année trois à quatre shows par semaine, est décidément encourageant. Mais il dit vrai, car le stand-up, très différent du one-man-show à la française, ne s’improvise pas: pas d’accessoires, pas de costume, et dix minutes de blagues sans blanc possible, avec une vanne toutes les 15 secondes, le tout dans les petits clubs bondés qui ont vu passer Woody Allen, Chris Rock ou Louis CK.

Gad Elmaleh dans 10 minutes in America, diffusé le 3 novembre sur Canal+ - Canal+


«Tu vas t’améliorer»

En 2008, Gad Elmaleh confiait déjà au New York Times son rêve de jouer «sans projecteurs, avec juste un verre d’eau.» A 42 ans, il s’est donc lancé. Il a fallu qu’il apprenne l’anglais, répète 15 fois «Bea-tles» avec une prof, bute sur la prononciation de «particular» et s’entraîne dans le miroir de sa salle de bains.

En France, il est «very popular», explique-t-il à un chauffeur de taxi, mais après son premier passage au mythique club Comedy Cellar, le jugement n’est pas tendre: «Tu as donné cinq minutes de rire, il m’en faut dix. Tu vas t’améliorer.»

Brian is in the kitchen

Il peut compter pour cela sur une belle équipe de coachs, et c'est sans doute dans leurs échanges qu'est le meilleur du film. On écoute le maître Jerry Seinfeld mais aussi Sarah Silverman, ou Woody Allen, qui l’encourage à nourrir ses dix minutes de sa «perspective française», «ça les intéressera».

Gad attaque sur l’obsession de l’air conditionné, l’amabilité ahurissante, pour nous Français, des serveurs au restaurant, et la recette prend peu à peu, à New York puis à travers les Etats-Unis, jusqu’à la venue de ses parents, «very impressed». Un exercice d’humilité pour l'humoriste et une réflexion intéressante sur les codes du stand up, à l'heure de l'intérêt grandissant pour les late-shows US ou du succès d'une série comme Louie. Elle est loin, l'époque de Brian is in the kitchen