François Lenglet: «Oui, je suis libéral sur certains sujets économiques»

TELEVISION Le journaliste est aux commandes du magazine «L'Angle éco» diffusé pour la première fois lundi soir sur France 2...

Propos recueillis par Joel Metreau

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François Lenglet, journaliste économique.
François Lenglet, journaliste économique. — Charlotte SCHOUSBOE /FTV

Ce lundi soir, François Lenglet est aux commandes de sa propre émission sur France Télévisions. Il s'agit de L'Angle éco, diffusé sur France 2 à 23h05. Pour 20 Minutes, le journaliste économique en explique le concept. 

Comment est né L’Angle éco?

J’ai été recruté par France Télévisions pour faire cette émission. Et puis il y a eu Des Paroles et des actes. Le projet a donc été différé. L’idée est simple: pas de plateau, pas de débat. Ce ne sera pas non plus Capital.

Pourquoi pas Capital ?

C’est une émission excellente, qui connaît un succès remarquable en prime time depuis 20 ans. Mais elle est sur le registre de la consommation. Nous, on est sur une grande question économique, qu’on va découper avec des histoires, des reportages, des grands témoins, parfois des confrontations et des dessins animés pédagogiques. On s'adresse à l’«honnête homme» au sens du 18e siècle, le citoyen qui tente de s’intéresser à son environnement.

Quels types de reportage pour ce premier numéro consacré aux «effets de la mondialisation et sur le protectionnisme» ?

L'un se passe en Chine, un autre à Saint-Etienne. Une usine y ferme en raison de la mondialisation. On cherche à comprendre pourquoi les actionnaires prennent cette décision. Puis on s’intéresse à la relocalisation avec une boîte qui rapatrie sa production en France. De plus, je suis filmé sur un porte-conteneurs de 200.000 tonnes: des images spectaculaires qui illustrent le commerce international. 

On vous associe parfois à un libéral en matière d’économie. A quel moment l’idéologie prend le pas sur le journalisme économique ?

Quand on cesse de regarder les faits pour faire prévaloir des opinions... Celui qui critique les dépenses publiques et les impôts, on le dit libéral. Mais, en 2007, dans mon livre La crise des années 30 est devant nous, je critiquais le système libéral avec la crise immobilière. Une étiquette me colle sur le dos. Oui, je suis libéral sur certains sujets. Mais je fais mienne la doctrine du SPD allemand en 1959: «Le marché autant que possible, L’Etat autant que nécessaire.»

Récemment, une polémique a éclaté au sujet d'une conférence que vous allez donner à Troyes. Certains avançaient le chiffre de 8.500 euros de rémunération...

Le chiffre n’est pas exact, c’est moins de la moitié de cette somme. Par ailleurs, comme un article, une conférence, c’est un travail qui mérite d‘être rémunéré. Cette conférence, dans le prolongement de mon activité d'essayiste, est autorisée par une disposition particulière dans mon contrat de travail avec France 2.

Le Prix Nobel de l'économie attribué au Français Jean Tirole, ça vous a surpris?

En France, on a des économistes parmi les plus réputés comme Thomas Piketty. Le matin même en conférence de rédaction à RTL, j'avais le nom de Tirole en tête. Il est d'une école qui montre, bien avant la crise, que les marchés ne fonctionnent pas tout seuls et qu'il faut une autorité de la régulation.

On vous a dit que vous aviez le même timbre de voix que le chanteur Etienne Daho ?

Oui! J’adore l'artiste. Dans mon iPhone, j'ai mon morceau préféré de lui. Ouverture, une chanson lente, avec un très beau texte, ou il parle presque.