Yarol Poupaud, juré de «Nouvelle Star»: «J'ai piqué des idées à des candidats»

INTERVIEW Il est avec Elodie Frégé l’un des deux nouveaux jurés de «Nouvelle Star», qui reprend ce jeudi sur D8. Le musicien raconte à «20 Minutes» l’ambiance en plateau, mais aussi le secret de l’énergie de Johnny Hallyday…

Annabelle Laurent
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Elodie Frégé et Yarol Poupaud, nouveaux jurés de Nouvelle Star
Elodie Frégé et Yarol Poupaud, nouveaux jurés de Nouvelle Star — D8

Guitariste pour FFF, qu’il a formé en 1987, directeur musical et guitariste depuis 2012 sur les tournées de Johnny Hallyday, le musicien et producteur de 46 ans, accessoirement frère de Melvil Poupaud, est peu connu du grand public. Nouvelle Star, qui revient ce jeudi soir sur D8 à 20h50, mise sur lui comme sur d’autres hommes de l’ombre, à l’image de Philippe Manœuvre ou Olivier Bas, qu’il remplace cette saison.

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Qu’est-ce qui vous a convaincu de participer? 
La prod' m’a assuré qu’ils n’allaient pas essayer de me faire entrer dans un moule, et qu’ils avaient, depuis le changement de chaîne, une plus grande liberté quant aux choix musicaux et artistiques. Donc ça m’a motivé, et c’est une émission sur la musique, il n’y en a plus beaucoup! J’ai appelé tout de suite Philippe Manœuvre [juré de 2006 à 2008], qui est mon meilleur pote, et il m’a dit «Tu vas t’éclater». Marco Prince le chanteur de FFF [aussi ex-juré] m’avait aussi dit que c’était super. 

Et le tournage a été à la hauteur de vos espérances? 
Oui. On s’est beaucoup amusés sur le plateau, et partout, dans les loges, au resto, à l’hôtel, on a fait les cons. On est tous les quatre des musiciens, il y a une super ambiance. Je connais Mathieu [Sinclair] depuis qu’on est ados. Plus jeunes, on a fait plein de conneries ensemble, des bœufs, des tournées… L’exercice est très instructif.

Parce qu’il faut improviser la phrase qui fait mouche?
Oui, donner un avis sur une prestation, avoir à le formuler, c'est une gymnastique dont je n’avais pas l’habitude. Je pense que cela me servira dans ma vie professionnelle. J’ai aussi découvert plein de chansons, et en voyant certains candidats faire des accords à la guitare, j’ai piqué des idées. 

C’est plus difficile de formuler quand on aime, ou quand on n’aime pas?
Quand on ne sait pas! Quand la personne chantait juste mais qu’il ne s’est pas passé grand-chose. Quand ce n’est pas forcément bien mais que tu sens qu’il y a du talent derrière. On se dit, «peut-être qu’il sera bon demain». On a peur de se planter. 

On connaît les envolées d’André Manoukian, le ton cassant de Sinclair… Quel est votre style à vous? Vous avez tendance à y aller franco?
Mathieu et André, ce sont des pros! Je suis sincère mais d’un naturel assez gentil avec les gens, donc j’essaie d’arrondir les angles et de trouver une manière de le dire… On verra avec le montage: je pourrais passer pour très très méchant ou très très gentil.

Et quel serait le style, le rôle d’Elodie Frégé? 
On est assez complémentaires. Moi je suis plus terrien, plus instinctif, ça me plaît ou ça ne me plaît pas, ma manière de fonctionner est assez directe. Elle est plus aérienne, à chercher des subtilités, des images… Je suis un mec, c’est une meuf, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise!

«The Voice», «Rising Star»… Vous regardez d’autres télé-crochets?
Aucun, non.

Et «Nouvelle Star», vous connaissiez bien? 
J’ai regardé quand c’est sorti, il y a dix ans, c’est tout. J’aurais pu me remater les anciennes émissions mais j’ai fait exprès de ne rien voir, pour être frais. Le seul truc que j’ai regardé, c’est Steven Tyler [Aerosmith] dans American Idol, il m’a bien fait marrer.

Vous êtes le guitariste et le directeur musical de Johnny, qui repart en tournée en 2015. Il est infatigable…
Ça me fascine aussi.

En privé, son énergie est la même? 
Il connaît tellement bien son boulot qu’il sait exactement quand se donner à fond. Quand on fait une télé, certains chanteurs vont faire la chanson 3-4 fois de suite, ils ne vont pas être contents, réécouter. Lui, il est très calme, posé, «on y va, c’est maintenant», boum, il donne tout. Une fois. Et il retourne s’asseoir. Et ça, c’est bluffant. Il s’économise. Ce n’est pas une espèce de mec qui va gesticuler toute la journée et être claqué au moment de monter sur scène. Il sait qu’il a un concert le soir donc toute la journée, il est peinard, calme, tranquille, il regarde un film, il bouquine un truc, il fait une sieste et le soir «BAM!». Par contre après le concert, c’est plus dur de l’éteindre!