Plus d’argent pour les émissions télé qui véhiculent des stéréotypes sexistes

TELEVISION Un rapport du Haut conseil à l’égalité préconise que les financements publics aux médias soient conditionnés à leur lutte contre les stéréotypes sexistes...

Alice Coffin avec AFP
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Installation du Haut Conseil à l'Egalité Femmes - Hommes en 2013
Installation du Haut Conseil à l'Egalité Femmes - Hommes en 2013 — Witt / Sipa

Ce week-end lors des Assises du journalisme, Ruth Elkrief, journaliste star de BFM TV, Thierry Thuillier, directeur des programmes de France 2, et d’autres, ont discuté autour d’une question «Quelle place pour les femmes dans les médias?». Dans ce débat organisé par Prenons la une, l’association des femmes journalistes, Marlène Coulomb-Gully, auteure de Médias: la fabrique du genre (Sciences de la société, n°82, 2012), a expliqué: «Les médias sont une force structurante dans la représentation des hommes et des femmes: il y a donc une responsabilité des médias à rompre avec les stéréotypes».

C’est à ce constat que le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes tente de répondre dans un rapport remis cet après-midi aux ministres Marisol Touraine (Affaires sociales) et Pascale Boistard (Droits des femmes). Il propose de conditionner les financements publics, accordés notamment aux médias audiovisuels, à la lutte contre les stéréotypes de sexe.

Cette méthode doit être appliquée à trois champs prioritaires: les médias, la communication institutionnelle et l'éducation, préconise ce rapport remis lundi. Cette proposition s'inscrit dans une démarche de «budgétisation sensible à l'égalité femmes-hommes» promue au niveau européen, souligne le rapport, estimant que «les pouvoirs publics se doivent d'être exemplaires».

Les émissions d’info, de divertissement et de téléréalité dans le viseur

Le Haut conseil a défini des grilles pour aider à mesurer les stéréotypes de sexe, notamment dans les fictions télé, et propose de s'en servir pour moduler la contribution à l'audiovisuel public, perçue par les chaînes de télévision. Des indicateurs devraient également être utilisés pour les émissions d'information, de divertissement et de téléréalité, estime-t-il.

L'Etat et les collectivités territoriales devraient de leur côté s'engager à respecter des critères pour que leur communication institutionnelle soit dépourvue de stéréotypes de sexe, et à «faire du respect de cette démarche une condition d'accès aux marchés publics de communication», ajoute le rapport. Il propose aussi que l'Education nationale et les collectivités, qui financent les manuels scolaires, s'équipent d'une grille d'indicateurs pour prévenir la présence de stéréotypes dans ces manuels.