Anny Duperey d’ «Une famille formidable»: «L’ennui, c’est qu’on a moins de scènes au lit»

INTERVIEW Anny Duperey est Catherine Beaumont depuis 1992 dans la série de TF1. Lancée il y a deux semaines, la saison 11 récolte des audiences toujours aussi excellentes…

Annabelle Laurent

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Anny Duperey et Bernard Le Coq dans "Une famille formidable" (TF1)
Anny Duperey et Bernard Le Coq dans "Une famille formidable" (TF1) — © Julien Cauvin

Vingt-deux ans. La longévité impressionnante d’Une famille formidable est aussi celle d’Anny Duperey dans le rôle de Catherine Beaumont, la matriarche de cette série toujours aussi locomotive d'audience pour la chaîne, avec six millions de téléspectateurs lundi dernier devant l’épisode 2. Pour cette saison 11, l’actrice de 67 ans est encore plus en famille que d’habitude: Gaël Giraudeau, son fils avec Bernard Giraudeau (décédé d’un cancer en 2010), a intégré l'équipe

Comment votre fils a-t-il rejoint le casting?
C’était un hasard, l’idée n’est pas de moi du tout! Un des jeunes comédiens nous a lâchés quatre jours avant le tournage. Joël [Santoni, le réalisateur de la série] m’a dit: «J’ai envie de le proposer à Gaël, est-ce ça te gênerait?» Ça m’aurait enquiquiné seulement s'il avait dû jouer mon fils. Et il a été bien sûr accueilli à bras ouverts par mes petits camarades. Je lui ai dit que les tournages n'étaient pas tout le temps comme ça, qu'il arrivait vraiment dans la troupe des Bisounours. 

Vous aussi l'avez accueilli à bras ouverts? Jouer avec lui, c'était comment?
Pas si commode et marrant que ça! J’avais ressenti la même chose avec ma fille Sara au théâtre [Pour Colombe de Jean Anouilh]. Quand on est un «ancien», on peut se permettre de donner des conseils à un jeune comédien, mais quand c’est son propre enfant, on s’interdit beaucoup plus. Je me disais «Je vais faire mère chiante». Un tournage c’est léger, donc ça a été, mais avec Sara, j’étais contente à la fin de redevenir «Moman».

Le tournage de cette saison a dû être plutôt agréable, dans ce manoir à Madère…
C’est un endroit extraordinaire. Un peu château de Dracula. On y a vraiment vécu comme en colonie de vacances parce que l’endroit étant tellement isolé, on a tous dormi sur place. C'était la première fois qu'on était en circuit fermé comme ça. Il y avait une salle au rez-de-chaussée qui servait aux jeunes pour les boums le soir... juste au-dessous de ma chambre! 

Vous êtes Catherine depuis 22 ans. Vous aimez la façon dont les scénaristes la font évoluer?
Je trouve très belle la façon dont elle voit le couple qui avance en âge, avec cette indulgence. Jacques a fait pas mal d’écarts et elle se dit «pourquoi pas moi?». Avant c'était une sainte, et c’est un peu agaçant à la longue! Mais l’ennui avec Bernard, c'est qu'on a de moins en moins de scènes au lit. C’est dommage! Car on s’amusait comme des fous. Ces scènes se sont toujours transformées en fous rires.

Il faut faire une réclamation... 
Oui, je vais le faire. Qu’il reprenne du Viagra! Dans un épisode il avait pris dix fois trop de Viagra, il n'arrivait plus à débander, qu’est-ce qu'on avait ri sur ce tournage.

La série attire 6 millions de téléspectateurs. De quoi vous donner une certaine responsabilité par rapport au traitement des sujets de société, non?
Bien sûr. On est émerveillés que les gens nous suivent encore, c’est phénoménal. Les gens que je rencontre me disent que ça fait partie de leur vie, on est «la famille française»... et je trouve ça bien, parce qu’il y a plein d’idées libertaires. On a été les premiers à parler d'homosexualité en 1992. On parle de la maladie, du cancer, du deuil. 

Et dans cet épisode 3, du mariage homosexuel... 
Oui, je marie ma petite fille avec une fille.

Bernard Le Coq semble partant pour être Jacques «jusqu’à la fin de ses jours». Et vous?
Pourquoi pas? Si on peut durer 30 ou 35 ans, ce serait génial.