«Alcootest»: Sur France 4, des jeunes boivent de l'alcool pour sensibiliser à ses effets

TELEVISION «Alcootest» que diffuse France 4 ce mardi soir à 22h30 fait partie de ces nouvelles formes d'émission que la chaîne veut mettre en place pour attirer les jeunes... 

Joel Metreau
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L'émission
L'émission — Nathalie GUYON / FTV

Faire boire de l’alcool à des jeunes pour leur faire prendre conscience de ses effets sur l’organisme. C’est le principe osé de l’émission «Alcootest» que France 4 diffuse ce mardi soir à 22h30. La chaîne de service public, qui s’adresse aux enfants la journée et aux jeunes adultes le soir, n’hésite pas à dégainer des programmes novateurs en direction de ces derniers.

«Ce n'est pas de la provocation»

Que ce soit l’anime terrifiant L’Attaque des titans, la caméra cachée de Permis de conduire ou, dans un autre registre, Cam Clash, ces nouvelles émissions laissent rarement les spectateurs indifférents. Cam Clash, par exemple, révèle les réactions des passants à des discriminations tout en les mettant en scène. «On accepte le côté hybride de ce programme. Mais ce n’est pas de la provocation, assure Tiphaine de Raguenel, directrice de l'antenne et des programmes de France 4. On travaille sur de nouvelles formes d’écriture, où on est davantage dans l’immersion et dans l’expérience.»

De l’immersion, il y en a dans Alcootest, où dès le premier épisode, une caméra suit aussi des jeunes en virée nocturne et alcoolisée en région parisienne. Pour l’expérience, des jeunes se prêtent à des tests en se scindant en deux groupes: l’un sobre, l’autre ayant bu quelques verres. Jeu d’échecs, dessin reproduit de mémoire, créativité… A chaque fois, le groupe sobre témoigne de sa supériorité. «C’est un discours de sensibilisation avec une forme susceptible de parler aux jeunes. On n’est pas dans un débat entre experts. On apprend beaucoup de choses et on ne s’ennuie pas», explique Tiphaine de Raguenel.

Et si on sortait de l'euro?

Des politiques réclament la sortie de la France de l’euro ? Parmi les « nouvelles écritures» lancées par la chaîne, il faudra bientôt compter avec la fiction participative Anarchy où les internautes pourront décider du destin de ses personnages. Le pitch? «Suite à une faillite économique, la France doit sortir de l’euro et battre une nouvelle monnaie, pointe Tiphaine de Raguenel. Cette fiction sera aussi un moyen de bien comprendre comment fonctionne une monnaie.» A voir.

Enfin, parmi ces dix nouveaux formats lancés à la rentrée par la chaîne, il faudra aussi compter avec Bunker diffusé à partir du 20 octobre. «Ce programme joue avec les codes de la peur et du film d’horreur, mais dans un univers de jeu d'aventures», explique la directrice des programmes de France 4. Si l'on sait désormais que l'alcool ne rend pas meilleur, on conseille à Bunker, après avoir vu le premier épisode, de se lâcher quand même un peu.

«Alcootest» sans voyeurisme

Alcootest évoque le binge drinking comme la «Neknomination». Sans jamais être moralisateur. Pour la caution médicale, l’addictologue Philippe Batel explique comment, même en petite quantité, l’absorption d’alcool se révèle nuisible. Défilent des encarts «Attention, à ne pas reproduire chez soi»,  «Réalisées sous contrôle médical» ou encore le numéro de téléphone de Alcool Info services… La polémique lancée par un animateur de radio au moment de l’annonce du programme n’a pas lieu d’être. Aucun voyeurisme dans ce programme original adapté d’un concept norvégien.