Carole Bouquet en Première dame sur France 2: «On en demande beaucoup plus aux femmes»

TELEVISION L’actrice est une Première dame bipolaire dans la saison 2 des «Hommes de l’ombre», la série politique de France 2 qui reprend ce mercredi…

Annabelle Laurent

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Carole Bouquet dans la saison 2 des
Carole Bouquet dans la saison 2 des — Etienne Chognard / FTV

A la candidate à la présidentielle Nathalie Baye de la saison 1 succède la Première dame Carole Bouquet. La comédienne de 57 ans est très juste et se donne pleinement pour son rôle d’Elisabeth Marjorie, first lady bipolaire dont l’imprudence aux côtés de son amant, au tout début de la saison, va coûter cher au Président et à son homme de l’ombre Kapita (Bruno Wolkowitch)… Avec d'autres journalistes, 20 Minutes a rencontré l’actrice. 

Le rôle (presque) écrit pour elle. Pour le rôle, la scénariste Marie Guilmineau avait indiqué «une belle cinquantaine, élégante, classe, "genre Carole Bouquet", sans penser que ce serait forcément elle», nous explique t-elle. «Elle m’a dit qu’elle avait écrit le rôle en pensant à moi, confirme Carole Bouquet. J’ai répondu, "C'est-à-dire? Parce que maniaco-dépressive et alcoolique? Merci bien!"»

Saltimbanque plutôt que Première dame. Le rôle de first lady? Surtout pas pour elle. «Aujourd’hui, il y a ces machines qui font que vous êtes photographiés, regardés partout, c’est déjà très ennuyeux. Moi je suis une saltimbanque, ça va! Mais c’est bien pire dans ce milieu-là. Elle n’a aucune marge de liberté sauf quand elle est enfermée chez elle. Tout est interprété, vous ne pouvez en rien être léger, jamais, c’est épouvantable.» 

«On en demande beaucoup plus aux femmes.» Prostrée dans la pénombre de sa chambre à l’Elysée, rongée par la culpabilité, un verre à la main, Carole Bouquet est filmée sans artifice, de très près. Un certain abandon de son image… difficile à gérer? «Pas du tout, rétorque l’actrice. C’est une question de confiance avec l'équipe. Mais ça me semblait juste par rapport au personnage. Il fallait une vraie rupture avec les moments de représentation.» Quand, face aux caméras, on arbore le sourire de circonstance, quoi qu’il arrive. «On demande aux femmes de ceux qui gouvernent beaucoup plus que ce qu’on demande à un homme», lance Carole Bouquet. «Est-ce que vous voyez M. Merkel? Non. Il travaille et on lui fiche une paix royale.»

La politique, elle connaît bien. Par son association La Voix de l’enfant, dont elle est porte-parole, Carole Bouquet a «fait énormément de politique», l'univers ne lui est pas du tout étranger, insiste-t-elle. «Pendant vingt ans, j’étais dans les ministères un jour sur deux. J’ai vu beaucoup, beaucoup de ministres, de gauche, de droite. Je pouvais débarquer dans leur bureau. J’ai fait tous les gouvernements, je les ai tous vus travailler.» L’univers politique tel qu’il est montré dans la série lui paraît «extrêmement réaliste». «Il pourrait être encore plus violent.»

Elle serait partante pour une suite. Signerait-elle pour une saison 3? Sans hésiter: «Oui.» «Et ça sera de mieux en mieux, parce que le réel est encore plus fou… Cahuzac, c’est arrivé pendant le tournage. Ça n’a pas arrêté tous les jours. On se disait, "mais c’est pas vrai!" Je crois que les scénaristes ont largement du matériel pour écrire.» Télé, cinéma, théâtre, «ça fait très longtemps que je ne me pose pas la question, je fais simplement ce que j’ai envie de faire», dit-elle en citant Une heure de tranquillité, le film de Patrice Leconte tourné cet été, et la pièce d’Harold Pinter qu’elle répète avec Gérard Desarthe.