Les salariés de LCI adressent une lettre au président du CSA

TELEVISION Ils font part de leur inquiétude, alors que la chaîne d’information en continu pourrait définitivement rendre l’antenne le 31 décembre…

A.G.

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 Le plateau de LCI Matin.
 Le plateau de LCI Matin. — IBO OGRETMEN / SIPA

Le couperet est tombé le 29 juillet dernier. LCI ne passera pas sur la TNT gratuite, a fini par trancher le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ce jour-là. Dans la foulée, Nonce Paolini, le PDG du groupe TF1 propriétaire de la chaîne d’information en continu, a confirmé sa fermeture probable au 31 décembre. Inquiets pour leur avenir, les collaborateurs de LCI ne baissent pas les bras. Les «247 salariés, CDD, intermittents, stagiaires» travaillant à LCI ont adressé une lettre au président du CSA, Olivier Schrameck, rendue publique sur MyTF1 News ce jeudi.

«Un moyen d’affirmer votre indépendance»

«La suppression de nombreux emplois semble inéluctable aujourd’hui. Après votre décision incompréhensible, aucune perspective n’est permise», écrivent les salariés de la chaîne d’information, avant d’attaquer le CSA. «La France est devenue un pays où une autorité administrative indépendante peut décider de la vie ou de la mort d’un organe de presse. En êtes-vous fier? Quand le jour de la publication de votre décision, le compte officiel du CSA sur Twitter retweete "Le CSA a gagné! (…)". En êtes-vous fier? Vous avez trouvé un moyen d’affirmer votre indépendance face à l’exécutif. Nous en sommes les dommages collatéraux», peut-on lire.

Les salariés de LCI finissent par demander: «Aux dernières nouvelles, la chaîne telle qu’elle est aujourd’hui n’existera plus le 31 décembre. Où en êtes-vous de vos négociations en notre nom? Quand allez-vous les rendre publiques? Maintenant que dire? Que faire?» Les collaborateurs de La Chaîne Info finissent par demander «dans les plus brefs délais un entretien avec les membres du CSA».

«Sacrifier 250 personnes»

Lorsque le CSA a annoncé que LCI ne passerait pas sur la TNT gratuite, l’intersyndicale de TF1 qui regroupe la CFTC, la CFDT, la CGC, la CGT et FO avait vivement réagi: «Le CSA a montré, par cette décision prise au coeur de l’été, qu’il était capable de sacrifier 250 personnes et leurs familles pour protéger les intérêts économiques de quelques groupes capitalistiques ligués contre LCI afin de préserver leurs parts de marché et leurs marges bénéficiaires.» Elle avait aussi demandé au CSA «d’assumer sa responsabilité en s’assurant que les multiples promesses de reclassement qu’ils ont reçu des groupes concurrents deviennent réalité».

Fin juillet, les dirigeants d’i-Télé et BFMTV avaient proposé d’embaucher une partie de la rédaction de LCI si la chaîne venait à fermer. Dans un courrier au CSA, BFMTV et i-Télé avaient déclaré: «Sur la base de 103 journalistes (CDI) indiquée dans le rapport financier 2013 de LCI, nous proposons que nos groupes reprennent deux tiers des personnes concernées [en ouvrant] 33 postes chacun».