Nicolas Poincaré: «"Complément d'enquête" est une émission qui ne se refuse pas»

INTERVIEW Nicolas Poincaré raconte son arrivée à «Complément d’Enquête» après la mort de Benoît Duquesne…

Alice Coffin

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Nicolas Poincaré
Nicolas Poincaré — Nathalie GUYON

Pour la première fois depuis treize ans, ce jeudi à 22h20, «Complément d’enquête» ne sera pas présenté par Benoît Duquesne, brutalement décédé le 4 juillet. C’est Nicolas Poincaré, par ailleurs présentateur d’«Europe 1 Soir», qui a été choisi pour le remplacer. L’émission de ce jeudi soir traite, comme d’habitude, en trois sujets et trois interviews, d’un thème d’actualité: «Les compagnies aériennes prennent-elles trop de risques?». Rencontre avec Nicolas Poincaré…

Avez-vous hésité avant d’accepter de remplacer Benoît Duquesne?

Pas une seconde. «Complément d’enquête» est une émission qui ne se refuse pas.

Cela ne doit pas être très simple d’arriver dans ce contexte…

Non, mais c’est l’équipe de l’émission qui m’a choisi. Ils se sont réunis au lendemain de l’enterrement, ont voté pour choisir le nouveau présentateur, et sont allés voir Thierry Thuillier, le directeur des programmes de France 2, qui a trouvé que c’était une bonne idée. A ma connaissance, c’est assez rare qu’on demande à des reporters de décider qui sera leur présentateur.

Dans quel état avez-vous trouvé l’équipe?

Ils étaient hyper soudés. Et hyper traumatisés. Ce sont tous des enfants de Benoît Duquesne. Du coup ils étaient déterminés à ce que l’émission lui survive. Certains étaient sur le point de partir mais ont renoncé vu les circonstances.

Quelle est la particularité de «Complément d’Enquête» par rapport à d’autres émissions d’info?

Le fait de reposer sur trois bases hyper solides. Le reportage, l’investigation et l’interview en plateau. Le tout en étant focalisé sur un seul gros dossier d’actualité décliné en trois sujets différents.

Mais est-ce que des magazines comme «Cash Investigation», désormais diffusé en prime time, n’ont pas inventé d’autres choses?

On ne peut pas comparer. France Télévisions mise beaucoup sur «Cash Investigation» cette année. On ne travaille pas avec le même rythme. Le temps de préparation de «Cash» est plus long.

Quel présentateur serez-vous?

L’idée n’est pas d’être une speakerine ou un présentateur. Ils voulaient quelqu’un qui connaisse le reportage -j’en ai fait vingt ans, et sache interviewer, ce que je fais depuis plusieurs années à la radio. Je les ai prévenus que j’aurai du mal à être aussi directif que Benoît Duquesne car lui travaillait un peu plus de 24 heures par jour pour l’émission. La particularité de leur fonctionnement c’est qu’en même temps Duquesne décidait de tout, mais aussi que c’est une équipe très collective.

Quels sont les prochains thèmes de l’émission?

La semaine prochaine, un hors-série sur Ségolène Royal, une enquête sur son parcours, sa vie, et elle sera aussi en plateau. Puis un dossier sur la communauté juive de France. Et d’autres sont en préparation.

Laurent Bazin remplace Benoît Duquesne sur Public Sénat

Laurent Bazin, ex-présentateur de la matinale de RTL et de l’émission mensuelle «Tout peut changer» sur France 3, présentera à partir du samedi 13 septembre à 23h sur Public Sénat «Le débat».  Il animera ce rendez-vous en alternance avec Claire Barsacq.