LCI, Paris Première et Planète+ ne passeront pas sur la TNT gratuite

TELEVISION Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a tranché ce mardi. Les chaînes resteront payantes…

A. G. avec AFP

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L'immeuble de TF1 propriétaire de la chaine info LCI
L'immeuble de TF1 propriétaire de la chaine info LCI — Joel Saget AFP

Fin du suspense. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fini par rendre sa décision ce mardi après-midi. LCI (TF1), Paris Première (M6) et Planète+ (Canal+) ne passeront pas sur la TNT gratuite. 

«Le Conseil estime que les conditions ne sont pas, à la date à laquelle il se prononce, réunies pour autoriser le passage en gratuit des demandeurs», peut-on lire dans un communiqué. «En revanche, une évolution plus favorable des conditions de marché pourrait justifier un réexamen à l’avenir», ajoute toutefois le CSA.

Marché publicitaire et audiences

Parmi les conditions, il évoque notamment «la prise en compte des équilibres du marché publicitaire» et «la promotion de la qualité et de la diversité des programmes». 

«L’arrivée d’une ou plusieurs chaînes gratuites supplémentaires ne pourrait pas aujourd’hui être portée par une croissance du marché publicitaire», a souligné le CSA, qui affirme que «l’arrivée d’une ou plusieurs chaînes gratuites supplémentaires, dans un paysage déjà composé de 25 chaînes (...), ne devrait pas se traduire par une augmentation significative de l’usage de la télévision et serait donc de nature à entraîner des phénomènes de transfert d’audience au détriment des chaînes gratuites existantes». 

Déstabilisation des chaînes d'info

Concernant LCI, le CSA relève ainsi «que l'arrivée d'une troisième chaîne gratuite d'information en continu financée exclusivement par la publicité, pouvait déstabiliser les deux chaînes d'information déjà existantes».

Concernant Paris Première, le Conseil a estimé que son passage en gratuit «serait susceptible d’affecter la viabilité économique et financière» de chaînes de la TNT gratuite aux offres similaires. Pour Planète+, il a jugé «prématurée» l’arrivée d’une seconde chaîne documentaire.

Pour ces chaînes, passer en gratuit signifierait qu'au lieu d'être financées par les diffuseurs, en tête par CanalSat, elles seraient financées par la publicité.

TF1 a menacé de fermer LCI

L'enjeu principal était celui de LCI. Après avoir tenté en vain de rendre la chaîne gratuite en 2011, TF1 était reparti à l'offensive depuis l'automne, profitant de l'amendement qui a donné en octobre au CSA le pouvoir de décision de faire passer une chaîne du payant au gratuit. Pionnière des chaînes d'infos françaises il y a 20 ans, LCI ne compte plus que 13.000 téléspectateurs au quart d'heure moyen, et est écrasée par les chaînes d'info gratuites BFMTV et i-Télé.

La gratuité devait «permettre à LCI de sortir du ghetto sans fin de la confidentialité», avait martelé Nonce Paolini, le PDG de TF1, lors de son audition devant le CSA en avril. Le groupe avait fait valoir des arguments de pluralisme, assuré que LCI serait moins «sensationnaliste» que BFMTV et surtout averti que faute d'accord, TF1 fermerait LCI, qui emploie 200 personnes. 

Des repreneurs potentiels

Contre le passage de LCI en clair, iTélé et BFM TV ont envoyé un argument massue au CSA la semaine dernière: «Embaucher une partie des journalistes actuellement titulaires d’un CDI chez LCI», selon Les Echos, qui ont pu consulter un courrier adressé par les deux chaînes au Conseil supérieur de l'audiovisuel. Quelques jours plus tard, les propriétaires du «Monde», Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, s'étaient dit prêts à racheter la chaîne d'information en continu.

En face, le groupe TF1 avait fait part de son mécontentement: «Cette méthode relève d'une tentative inacceptable dont le seul but est de troubler la sérénité du CSA au moment de sa prise de décision.»

Colère et tristesse

«Je suis ce soir très en colère et très triste pour tous les collaborateurs de LCI qui se sont battus pour que cette chaîne ait un avenir et qui aujourd'hui se voient stoppés dans leur envol», a réagi ce mardi sur sa chaîne le directeur général de LCI, Eric Revel.

Certains d'entre eux ont réagi sur Twitter après l'annonce du CSA: