«Vélo do Brasil»: Road-movie en deux-roues de journalistes français au Brésil

REPORTAGE France 4 diffuse ce jeudi soir à 20h45 le film de Raphaël Krafft, Alexis Monchovet et Christophe Bouquet…

Joel Metreau

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Il y a les Tours à vélo qui se gagnent et les tours à vélo qui gagnent davantage à être racontés. En mai dernier, les journalistes français Raphaël Krafft et Alexis Monchovet ont parcouru durant deux mois le Brésil en deux-roues, alors que le pays accueillait la Coupe du monde. Sans itinéraire précis, mais trois points à dates fixes: «A Caetes, la ville de naissance de Lula pour le premier match Brésil-Croatie, le 12 juin, à Salvador de Bahia le 20 juin pour assister au match France-Suisse puisqu’on avait des tickets, et à Rio de Janeiro le 13 juillet lors de la finale», détaille Raphaël Krafft.

«Le plus malin des brigands n’a pas envie de nous attaquer»

Ce n’est pas la première fois que les deux journalistes entament un périple à vélo. En 2012, ils avaient réalisé leur Tour de France pour sonder ses habitants avant la présidentielle. Pour le Brésil, ils ont embarqué des vélos en acier «pour pouvoir les souder n’importe où en cas de casse», avec des pneus larges et une armature solide permettant de transporter tout leur matériel, comme les sept à huit litres d’eau pour étancher leur soif. Pas de souci pour leur sécurité: «Le vélo y est pour beaucoup. On dégage beaucoup de compassion et d’empathie à vélo. Le plus malin des brigands n’a pas envie de nous attaquer.»

En selle, les clichés sur le pays tombent les uns après les autres: «On s’est rendu compte que tous les Brésiliens n’aimaient pas le foot, raconte Raphaël Krafft. La majorité d’entre eux étaient indignés par l’attitude de la Fifa et surtout par les dépenses engagées dans la Coupe du monde par rapport à l’état du système de santé et d’éducation. En même temps, ils soutenaient leur équipe.» En selle, Raphaël et Alexis pratiquent une forme de «journalisme minimaliste», faisant halte au gré des rencontres: vieux hippie argentin, tenancière de bar, jeunes accueillis dans un centre pour toxicomanes…

«Vélo do Brasil» fait partager avec ses spectateurs ce que Raphaël qualifie de «moments de grâce». Dans toute leur simplicité. «Dans un bidonville à l’orée des champs de canne à sucre, on s’était arrêtés devant une maison en bois et en tôle. Son habitante, Rose, une femme remarquable, nous a invités à déjeuner. C’était comme une histoire d’amour en quelques heures», confie le journaliste.

Plus de 3.000 kilomètres

Leurs vélos ont avalé plus de 3.000 kilomètres. Comme pour le Tour de France, les journalistes aussi avaient leur caravane. Ils étaient suivis «à distance» par une petite équipe: réalisateur, traductrice, chef opérateur… «On ne voulait surtout pas qu’ils aient d’incidence sur l’aventure. On déposait en des lieux précis nos cartes mémoires avec des images qu’ils reprenaient pour en faire aussitôt le montage.» Résultat: une excitante Web-série de 26 épisodes sur YouTube et un beau film de 70 minutes diffusé ce jeudi 24 juillet à 22h45 sur France 4. Loin d’être le nez dans le guidon encore moins le pied dans le ballon, «Vélo do Brasil» dévoile un Brésil authentique.