France 4: «Alcootest» ne sera pas «''Le Loft'' de l’alcool»

TELEVISION Lors de sa conférence de rentrée, la chaîne a voulu déminer la polémique concernant sa future émission...

Joel Metreau

— 

Olivier Delacroix, animateur de
Olivier Delacroix, animateur de — France 4

Pour les 15-34 ans en soirée, France 4 n’hésite pas à programmer des émissions poil à gratter. «Cam Clash» et «Permis de conduire», représentants d’une sorte de téléréalité de service public, sont reconduits à la rentrée, a annoncé France 4 ce mercredi matin. «On ne peut plus promettre aux jeunes des lendemains qui chantent, explique Boris Razon, directeur éditorial de la chaîne. On veut raconter le monde tel qu’il est.» D’où l’idée de documentaires «gonzos» construits comme des récits personnels plutôt qu’en voix off: «L’amour en cité», «Ma nouvelle main bionique» sur le quotidien d’un homme qui va se faire greffer, ou «Tinder», immersion «au masculin et au féminin» dans le réseau social de dating.

«Un vrai problème de santé publique»

Lors de sa conférence de rentrée, la chaîne est également revenue sur «Alcootest». Ce programme avait fait polémique après la révélation de son concept sur Europe 1, le 26 mai par Jean-Marc Morandini, puisqu’il s’agit de faire boire de l’alcool à des jeunes pour observer leur comportement. Sans avoir vu l’émission, l’animateur s’indignait qu’on «leur donne de l’alcool à volonté pour se saouler».

«Mais ce ne sera pas "Le Loft de l’alcool"!», affirme Boris Razon, directeur éditorial de la chaîne. Le phénomène du binge drinking [consommation d’alcool à outrance en peu de temps] s’avère un vrai problème de santé publique. On doit montrer comment l’alcool affecte notre organisme et nos facultés, comme la mémoire.» Le programme, adapté d’une émission norvégienne par Reservoir Prod, occupera quatre soirées, entre septembre et décembre, avec cinq épisodes de 45 minutes.

«On ne veut pas saouler des gens!»

Animateur d’«Alcootest», Olivier Delacroix explique: «On ne veut pas saouler des gens! Il s’agit de faire avec de jeunes adultes consentants une série de tests en consommant un minimum d’alcool. Leur faire prendre conscience qu’une petite quantité suffit pour avoir un impact sur le corps. On a donc recréé des circonstances de la vie quotidienne qui parlent aux jeunes.» Sous la supervision d’un spécialiste des addictions, le docteur Philippe Vatel, l’émission pourrait bien intéresser plus largement cette grande majorité des Français qui boit de l’alcool au moins une fois par semaine.