Frank Underwood et «House of Cards» veulent se payer l’ONU

SERIES TELE Les producteurs de la série américaine ont demandé l'autorisation de tourner deux épisodes au siège des Nations Unies. Pas une mince affaire, surtout quand on sait qu'ils doivent obtenir l'accord de la Russie et de la Chine...

M.C.
— 
Kevin Spacey et Robin Wright dans la série de Netflix «House of Cards».
Kevin Spacey et Robin Wright dans la série de Netflix «House of Cards». — SONY/NETFLIX

Sans trop spoiler pour ceux qui n’ont pas encore vu la série de Netflix avec Kevin Spacey, Frank Underwood, on peut dire que le personnage principal de «House of Cards» est pour le moins… ambitieux. Les producteurs de la série aussi. Ils viennent de demander l’autorisation de tourner deux épisodes de la saison 3 au siège des Nations Unies à New York, selon le site du magazine américain Foreign Policy.

Comme l’explique le magazine, tourner dans les locaux de l’ONU n’est pas une mince affaire, surtout si l’on veut comme l’équipe de la série américaine installer les caméras dans le salon nord des délégués nord et dans la salle du Conseil de sécurité. Pour cela, il faut l’accord des 15 membres du Conseil, dont la Russie et la Chine, ce qui n’est pas toujours gagné d’avance. Le débat devrait avoir lieu mardi prochain.

Un coup de pouce inattendu de la Chine?

«Le tournage aurait lieu à l’extérieur et à l’intérieur du Conseil et montrerait des discussions entre ambassadeurs», selon un diplomate cité par Foreign Policy, précisant qu’il aurait lieu les week-ends et la nuit. L’Organisation des Nations unies, au départ réticente à ouvrir ses portes aux programmes de fiction (Alfred Hitchcock s’était heurté à un mur quand il a voulu y tourner une scène de meurtre pour son film La mort aux trousses sorti en 1959) est désormais plus conciliante, surtout si elle voit un intérêt en terme de relations publiques.

Sydney Pollack a ainsi eu accès au siège de l’institution pour L’Interprète (2005), tout comme Steven Soderbergh pour Che (2008), avec Benicio del Toro ou Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier. Des épisodes de «Ugly Betty» et «New York police judiciaire» aussi ont pu être tournés sur place, car ils traitaient respectivement de la malaria et des enfants soldats en Afrique.

Obtenir l’accord de la Chine semble être le plus délicat, vu les relations tendues entre Pékin et Washington. Mais selon le Wall Street Journal, la série qui dépeint les rouages de la politique américaine et la corruption, jouit d’une grande popularité en Chine. Notamment… parmi les élites du Parti communiste.