«Top Chef 5», c’est fini: Trois idées pour «revisiter» les émissions de cuisine

TELEVISION «Top Chef» s’achève ce lundi soir au terme d’une saison 5 marquée par une chute des audiences. Pour les redresser, voici trois idées piquées à des programmes étrangers…

Annabelle Laurent

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Cuatro

Pierre? Noémie? Thibault? Suspense sur le nom du gagnant de «Top Chef», moins du côté des audiences: la saison 5 sera quoi qu’il arrive dans le rang des vaincus. Avec un lancement à 3,1 millions de téléspectateurs le 20 janvier dernier, la pire audience du programme depuis le tout premier épisode en 2010, M6 est ensuite passée sous les 3 millions tout au long de la saison. La saison 4 de «Masterchef» n’avait pas brillé non plus. Epuisement du concept? Lassitude du public? Fatigués de «revisiter» le bœuf-carottes version végétarienne sans carottes, revisitons donc les émissions de cuisine. Avec trois émissions concoctées hors de nos frontières.

On avait dit pas les mamans. Inviter la famille à venir goûter les plats, c’est bien. Rappeler les candidats à leur complexe d’Œdipe — si efficace dans «Qui veut épouser mon fils»- en mettant en jeu l’honneur de la cuisine de leur chère mère, c’est mieux. L’Espagne a lancé mi-mars «Ma mère cuisine mieux que la tienne», «Mi madre cocina mejor que la tuya», repéré par la société The Wit à l’occasion du dernier marché international des programmes (MIPTV). Le concept: deux fils (ou filles) préparent «cocido» (pot-au-feu), paella du dimanche et autres recettes traditionnelles phare de leurs «madre» qui leur donnent -hurlent, si possible- leurs instructions, sans pouvoir d’abord toucher à rien. La recette contient bien sûr un ingrédient secret, et c’est à un grand chef (Sergio Fernandez Guerrero) d’élire le meilleur plat après dégustation à l’aveugle. Et donc la meilleure maman.

Voyage, voyage. C’est bien joli de faire un lapin à la moutarde à tomber par terre quand on a tout le confort d’une cuisine française suréquipée. Dans «The Great Food Race», lancé en février en Nouvelle-Zélande et repéré par The Wit, huit équipes (couples, frères et sœurs, amis…) sont envoyées de la Nouvelle-Zélande jusqu’à la Chine pour cuisiner. Et se débrouiller même si les ingrédients sont étiquetés comme ça: 兔子. «Dans cette nouvelle compétition, il n’y a ni restaurants, ni rêve de devenir chef», clame le site de l’émission. Cuisine + aventure = un «Pékin Express» de la cuisine. «Depuis quelques années, il y avait dans les programmes de cuisine la promesse de s’en sortir, de changer de vie, analyse la cofondatrice de The Wit qui scrute tous les nouveaux programmes chaque année. C’est la première année où les jeux reviennent en masse».

Que le meilleur gagne (son poulet). «Top Chef» sait insuffler à l’étape courses-avec-un-caddie-dans-un-supermarché une tension dramatique inespérée. On peut aussi, et c’est l’idée de «Win it, Cook it», suspendre le gain d’un chou-fleur ou d’un poulet à un sans-faute à un quiz. Tout juste dévoilée au MIPTV, l’émission britannique sera lancée prochainement sur Channel 4 et exigera donc des candidats quelques efforts supplémentaires en leur faisant gagner les ingrédients de leurs plats via des quiz et challenges, le résultat étant jugé par un chef star (Simon Rimmer). Qui pourra du coup évaluer la culture gé (voire le QI) d’un candidat à la complexité de son assiette.