Lagardère va supprimer des magazines et des emplois

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Le co-président du conseil d'administration d'EADS Arnaud Lagardère affirme dans un entretien à paraître mercredi dans Les Echos que Louis Gallois, nouveau président d'Airbus, aura "tous les pouvoirs opérationnels" nécessaires pour exécuter le plan de redressement qui impliquera des efforts "en France comme en Allemagne".
Le co-président du conseil d'administration d'EADS Arnaud Lagardère affirme dans un entretien à paraître mercredi dans Les Echos que Louis Gallois, nouveau président d'Airbus, aura "tous les pouvoirs opérationnels" nécessaires pour exécuter le plan de redressement qui impliquera des efforts "en France comme en Allemagne". — Pierre Verdy AFP/Archives

 

Arnaud Lagardère a dévoilé aujourd'hui aux actionnaires la stratégie de son nouveau pôle médias, Lagardère Active Media, issu de la fusion en septembre des activités presse écrite et audiovisuelles de Lagardère. Il prévoit de nouvelles fermetures de magazines et la suppression de 7 à 10% de ses effectifs dans le monde sur un total de 9.900 employés, y compris en France où entre 240 et 350 postes sur 3.500 seraient supprimés «sans licenciement sec». «Les départs se feront par un plan de départs volontaires et accompagnés, avec la création d'un guichet», a-t-il ajouté.

Virage du numérique

Ce plan, présenté lors d'une réunion avec les investisseurs, vise à prendre le virage du numérique et à effectuer des économies de coûts de 70 millions d'euros en année pleine d'ici à fin 2009. La part des revenus numériques dans le groupe doit atteindre «5 à 10%» d'ici là, a précisé Arnaud Lagardère.

Le groupe veut également se concentrer sur les magazines «féminins, automobile, déco». Résultat, plusieurs titres déficitaires vont fermer. Selon nos informations, Isa, Top Famille, L'Echo des Savanes feraient partie du lot et Télé 7 Jours serait revendu. Arnaud Lagardère a pourtant fait savoir la version imprimée du magazine télé jours sera «complétée» par une «dimension web». D’autres titres doivent être renouvelés, comme le mensuel «Choc» qui pourrait passer en «formule hebdomadaire», tandis que le groupe «regardera une amélioration de la politique éditoriale de Paris-Match».

Cette restructuration reflète la profonde mutation de la presse magazine face à la montée en puissance du Net. Parallèlement, Bayard arrête Vermeil, met Vivre plus «en observation» et Mondadori France stoppe 20 ans et Max.

La fin du papier ?

Pourtant, la diffusion des magazines n'a baissé que de 1,8 % entre 2005 et 2006. Et les Français étaient encore 30 millions à feuilleter au moins une revue par jour en 2005. Côté pub, les annonceurs ont investi dans les périodiques, en 2006, 5 % de plus que l'année précédente. Alors ? «Avant, un patron de presse aurait lancé une nouvelle formule pour booster un mag jugé peu rentable. Aujourd'hui, il n'hésite plus à le fermer, en se disant que cela lui coûte à peine plus cher !», décrypte Paul-Hervé Vintrou, président de Media Consulting Group. «Les dirigeants ont besoin de cash pour développer les portails Web de leurs revues», analyse un syndicaliste de Bayard. Mais la fin du papier, tous n'y croient pas. «Les magazines serviciels, type bon plans ou télé, sont voués à disparaître», assure le directeur d'un hebdo, parce qu'on trouve la même chose sur le Net. «Mais les marques comme Match, Elle ou Vogue vont survivre parce qu'elles offrent une mise en page et des photos complémentaires au Web.» La pause magazine au coin du feu n'est donc pas totalement révolue. Ouf.

Laure de Charette
Tops & flops : + 15 % pour les mags people. L'hebdo Voici (Prisma) est dévoré par 4,2 millions d'adeptes. + 0,01 % pour les newsmags. Paris Match (groupe Lagardère) en tête, avec 4,2 millions de lecteurs chaque semaine. - 2,62 % pour les mags famille. Top Famille (Lagardère), menacé, conserve pourtant 1,5 million de lecteurs par mois. - 2,48 % pour la presse télé. Mais l'hebdo Télé 7 Jours (Lagardère) garde 7,2 millions de lecteurs.