Au MIPTV, YouTube en opération séduction auprès des chaînes de télé

TELEVISION Invité phare du MIPTV ce mardi, Alex Carloss, responsable du divertissement de YouTube a encouragé les acteurs traditionnels de la télévision à suivre l’exemple de Simon Cowell, Disney ou PSY en profitant de YouTube pour multiplier leurs fans…

Annabelle Laurent

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Le logo "YouTube" sur l'écran d'une tablette
Le logo "YouTube" sur l'écran d'une tablette — Lionel Bonaventure AFP

Chères chaînes de télé, d’où que vous soyez, n’ayez crainte, soyons amis car vous avez besoin de moi. Voilà résumé le message d’Alex Carloss, responsable du divertissement de YouTube qui donnait ce mardi une «keynote» très attendue au MIPTV où la plateforme de vidéos grignote chaque année un peu plus de terrain, avec notamment, pour cette 51e édition, le parrainage des premiers MIP Digital Fronts où seront projetés de nouveaux programmes et vidéos en ligne.

On ne dirige pas le divertissement chez YouTube sans maîtriser un minimum l’art de la «keynote» à la Steve Jobs. En vingt minutes chrono, pour encourager les chaînes, créateurs, producteurs à «découvrir la valeur de construire une fanbase», Alex Carloss convoque sur le grand écran derrière lui des visages connus, dont quatre servaient d’exemples à suivre.

Faire gonfler son audience comme Jimmy Kimmel. YouTube est devenu, se félicite Carloss, «le nouveau terrain de bataille» entre les animateurs des late-shows américains, qui y ont séduit un nouveau public, plus jeune, en créant à partir de leurs émissions «des clips faciles à visionner et à partager, à tout moment», comme la fameuse histoire du rap de Timberlake/Fallon. Dix millions d’Américains ont suivi l’arrivée de Jimmy Fallon au «Tonight Show» en février, mais «YouTube a doublé ça, avec 20 millions de vues, et deux semaines plus tard, sa chaîne avait généré plus de 90 millions de vues», énumère Carloss, tandis que la chaîne de Jimmy Kimmel compte désormais «plus de 4 millions d’abonnés et plus d’un milliard de vues». En France, BFMTV (49.000 abonnés et 60 millions de vidéos vues) ou Euronews ont très vite adopté YouTube pour exposer leurs contenus, rappelle une tribune parue ce mardi dans Le Monde, et la tendance générale est au rapprochement, comme Canal +, qui vient d’acheter début mars Studio Bagel pour un million d’euros.

Trouver des talents, comme Simon Cowell. Carloss évoque d’abord l’animatrice Ellen DeGeneres dont les «8,9 millions de fans sont une source d’inspiration immense pour son émission», avant de montrer des images de son confrère Simon Cowell, qui vient tout juste de lancer «You Generation», premier talent-show à se servir de YouTube (il suffit d’uploader sa performance pour participer) pour trouver à travers 26 pays la future Susan Boyle. Car c’est bien grâce à YouTube que le phénomène Susan Boyle a pu exploser, rappelle Carloss.

Laisser les fans s’exprimer, comme Disney. «L’un des facteurs» de l’immense succès au box-office de La Reine des Neiges? «La décision de Disney de laisser leurs fans exprimer leur passion sur YouTube» avec leurs innombrables reprises du thème Let it go, estime Carloss, qui cite les 30 millions de vues d’Alex Boyé. Disney aurait pu brandir ses droits d’auteur. «Ils ont choisi de laisser les vidéos. Permettez aux fans de rendre hommage au contenu, et vous constaterez les bénéfices de leur ferveur».

S’exporter à travers le monde, comme PSY. Impossible de ne pas citer le phénomène «Gangnam Style», qui approche désormais les 2 milliards de vues. «Mais l’héritage de Gangnam Style est encore plus impressionnant», juge Carloss. Le K-Pop a lui-même explosé, passant de «deux milliards à sept milliards de vidéos vues» et regardés «à 91 % en dehors de Corée». «60 % des vues accumulées par les chaînes YouTube le sont ailleurs que dans leur pays d’origine». Preuve que «le langage n’est plus une barrière aux échanges culturels, et qu’avec YouTube, les créateurs peuvent faire le choix de partager leurs contenus à travers le monde».