«L’émission pour tous»: pourquoi ça n’a pas marché

TELEVISION L’animateur devait relancer l’access prime time de France 2 après l’échec du talk-show de Sophia Aram «Jusqu’ici tout va bien» à l’automne…

Benjamin Chapon

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Laurent Ruquier et les chroniqueurs de «L'émission pour tous», talk-show diffusé sur France 2, à partir du 20 janvier 2013.
Laurent Ruquier et les chroniqueurs de «L'émission pour tous», talk-show diffusé sur France 2, à partir du 20 janvier 2013. — Eric VERNAZOBRES / FTV

«Finalement, Sophia Aram n’a pas démérité par rapport à un poids lourd comme Laurent Ruquier», estime François Jost, sociologue des médias après l’annonce de l’arrêt de «L’émission pour tous». Sans parler encore de «case maudite», les analystes notent tout de même que l’access prime time de France 2 commence à se traîner une sale réputation.

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«Ces émissions sont bien faites pour attirer les gens avec des séquences courtes qui permettent aux téléspectateurs d’y entrer facilement. L’inconvénient étant qu’on en sort aussi facilement, note François Jost. Le problème est que n’importe qui y dit n’importe quoi et que rien n’est fait pour valoriser les interventions plus légitimes ou intelligentes.»

Imitation n'est pas raison

Globalement très durs avec l’émission de Ruquier et Sophia Aram avant lui, les internautes de 20minutes.fr ne «regretteront pas» ces émissions et réclament «du neuf.» François Jost rejoint cette analyse. «Les chaînes s’imitent les unes les autres et la concurrence est bien installée en matière de talk show et de sitcoms courtes. France 2 doit trouver autre choses.»

Oui mais quoi? A moins de reprogrammer «Hartley, cœurs à vif» ou d’organiser le Tour de France six mois de l’année et Roland-Garros l’autre semestre, France 2 serait condamné à de faibles audiences sur cette tranche?

Du sérieux ou du reposant

Certains internautes plébiscitent le retour de «On ne demande qu’à en rire», le radio-crochet du rire. D’autres réclament des séries américaines ou des jeux. Quelque chose qui soit «le plus reposant, sans prise de tête».

Plutôt qu’un énième programme court humoristique, François Jost verrait bien «une fiction sérieuse» à cet horaire pour retrouver du public: «Il faudrait un bon feuilleton. Mais l’inconvénient des programmes de stock est qu’en cas d’échec d’audience, ça tourne à l’accident industriel pour la chaîne, il y a une part de risque.»