Propos misogynes pendant les JO de Sotchi: Le CSA met en garde France Télévisions

TÉLÉVISION Des propos «extrêmement déplacés» voire «de nature à refléter des préjugés sexistes», selon le CSA…

A.G.

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Nelson Monfort (à g.) et Philippe Candeloro, les commentateurs de France Télévisions pour le patinage aux JO de Sotchi, le 17 décembre 2013 à Paris
Nelson Monfort (à g.) et Philippe Candeloro, les commentateurs de France Télévisions pour le patinage aux JO de Sotchi, le 17 décembre 2013 à Paris — REVELLI-BEAUMONT/SIPA/

Les JO de Sotchi ont offert des audiences en or à France Télévisions. Mais si les téléspectateurs étaient nombreux à suivre la compétition, ils étaient également nombreux à critiquer sévèrement les commentateurs sportifs du groupe pour leur méconnaissance de certaines disciplines mais surtout leurs propos sexistes à l’antenne.

Interpellé pendant toute la durée des Jeux olympiques, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a examiné de près les commentaires. Ce lundi, il annonce qu’il met en garde France Télévisions. «Le Conseil a estimé que les propos tenus par ces commentateurs, par leur teneur et leur caractère graveleux portant en particulier sur l’aspect physique de sportives, étaient extrêmement déplacés et que certains d’entre eux étaient même de nature à refléter des préjugés sexistes, écrit le CSA dans un communiqué. Face aux réactions suscitées par ces propos, le Conseil a relevé, en le regrettant vivement, que la direction responsable des sports s’en était tenue à une attitude de dénégation.»

«Le service public se doit d’être exemplaire»

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel «considère que le service public se doit d’être exemplaire en matière de promotion de l’image et de la place de la femme.» Interrogée par 20 Minutes la semaine dernière, Sylvie Pierre-Brossolette, la présidente du groupe de travail «Droits des femmes» du CSA, avait dénoncé «un décalage inadmissible entre les engagements pris par le groupe [l’organisation du colloque «En avant toutes»] et les propos tenus à l’antenne», rappelant que le Conseil était déjà intervenu il y a quelques semaines sur «L’Emission pour tous» concernant des propos sexistes sur le foot féminin.

La mise en garde est le premier niveau d'avertissement du CSA avant la mise en demeure. En cas de récidive après une mise en demeure, le CSA peut décider des sanctions, comme la suppression d'une tranche de publicité, la lecture d'un communiqué d'excuses lors d'un journal télévisé ou une amende qui peut aller jusqu'à 3% du chiffre d'affaires du groupe.