Jason Momoa: «Je veux montrer que je suis intelligent, futé, que je souris!»

INTERVIEW Jason Momoa alias Khal Drogo, le sanguinaire chef des dothraki de «Game of Thrones» est le héros de la mini-série «The Red Road» diffusée à partir du 24 avril sur Sundance Channel. «20 Minutes» l’a rencontré lors de son passage à Paris…

Annabelle Laurent

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Jason Momoa dans la série The Red Road (2014)
Jason Momoa dans la série The Red Road (2014) — Sundance

Quand il ne tranche pas des têtes dans «Game of Thrones», Khal Drogo alias Jason Momoa enchaîne tranquillement les tasses de café dans un cinq étoiles parisien pour présenter «The Red Road», la nouvelle mini-série de Sundance Channel (la seconde après l’envoûtante «Rectify»), imaginée par le scénariste de Prisoners Aaron Guzidowski, et au premier des six épisodes signé James Gray.

L’acteur hawaïen de 34 ans y joue Philip Kopus, un malfrat tout juste sorti de prison qui revient dans sa tribu – les Lenape, qui vivent en pleine forêt à vingt minutes de New York –  pour couvrir un meurtre et poursuivre son trafic en proposant un deal à un flic local (Martin Henderson)… Un rôle plus nuancé pour l’imposant acteur d’1m93, vu aussi dans «Alerte à Malibu», «Stargate Atlantis» ou Conan. Jason Momoa vient par ailleurs de réaliser son premier film, Road to Paloma, attendu en juillet prochain.

Comment êtes-vous arrivé sur «The Red Road»?

Je suis tombé amoureux du projet et du personnage, et j’étais en train de finir mon premier film, que je leur ai envoyé. Je crois que ça m’a aidé à décrocher le rôle.

Phillip Kopus s’annonce comme un personnage inquiétant…

Il est un peu flippant, oui! Mais il n’est pas si mauvais. Parce que tu es un grand mec, les gens te perçoivent comme un homme fort et solide… Mais en fait, il observe, et tu ne sais pas ce qui se passe chez lui, quand il te regarde: est-ce qu’il m’aime, est-ce qu’il va me tuer? (Il cache sa main derrière son dos) Qu’est ce que j’ai derrière mon dos là? Ça pourrait être ma main, ça peut être un couteau.

La grande différence entre ce tournage et «Game of Thrones»?

J’ai pu être habillé, ça changeait! Et ça m’a plu d’être dans une intrigue qui se déroule à l’époque contemporaine, même si la fantasy, la science-fiction, c’est marrant aussi.

Votre physique, votre carrure, a limité vos rôles jusqu’ici? 

Je dois dire que j’ai aimé tous mes rôles. Dans «Stargate Atlantis», c'était drôle d'employer tout le jargon de science-fiction. Drogo, Conan… Tous ces rôles sont différents, mais j’aime les rôles physiques, oui. Comme un animal…

«Road to Paloma», votre première réalisation… C’est quand même un virage dans votre carrière…

C’est vrai que je cherche à ne plus jouer le gars qui grogne. J’en suis au moment où quand on me propose à nouveau des rôles de ce type, je me dis «non merci, ça va, je vais essayer de montrer l’autre partie de moi». Montrer que je suis intelligent, futé, que je souris parfois! (Rires) 

Comment s’est passé votre collaboration avec James Gray?

Il est incroyable. Je n’ai jamais eu un réalisateur qui travaillait aussi intensément avec moi sur un personnage. Et si accueillant. Il m’a invité chez lui, il m’a fait la cuisine, il m’a parlé de cinéma… Il est très intelligent. Et il te donne un vrai filet de sécurité, il ne te juge pas, tu sens qu’il te rattrapera si tu tombes.

La réalisation, vous allez continuer?

Oh oui. On travaille sur le prochain, le script est terminé, mais c’est beaucoup plus gros. 50 millions de dollars de plus…! C’est un film d’époque, mais aussi un road-movie… ça va prendre du temps mais c’est un très beau film. Et en tant qu’acteur, les vrais bons rôles sont difficiles à trouver. Un réalisateur peut réunir les gens qu’il veut pour exprimer sa vision, ce qui me plaît parce que je sais exactement ce que je veux.

Comment avez-vous présenté «The Red Road» à vos amis, votre famille?

J’ai dit «Sundance». Quand tu dis Sundance, c’est cool. Ça sonne français, européen, indépendant. Chez nous, c’est comme dire HBO. Je disais «James Gray», aussi. Et je leur ai lu les dialogues, j’ai joué quelques scènes et ils m’ont dit: «Mec, putain, c’est génial».