Philippe Torreton dans Intime Conviction
Philippe Torreton dans Intime Conviction — Arte

TELEVISION

Acquitté, le Dr Muller veut faire cesser la fiction d'Arte «Intime conviction»

Le Dr Jean-Louis Muller a assigné Arte pour faire cesser la fiction «Intime conviction» car il estime que cette dernière est inspirée de son affaire et lui porte «un préjudice considérable»...

Définitivement acquitté de l'accusation de meurtre de sa femme, le Dr Jean-Louis Muller a assigné Arte pour faire cesser la diffusion d'«Intime conviction». Il estime en effet que cette fiction est inspirée de son affaire et lui porte «un préjudice considérable», a-t-on appris de ses avocats samedi.

L'audience de référé est prévue mercredi à 11h au tribunal de grande instance de Paris. Succès d'audience, le téléfilm Intime conviction de Rémy Burkel avec Philippe Torreton et Camille Japy, a d'abord été diffusé le 14 février sur la chaîne franco-allemande. En parallèle, un site internet prolongeant cette fiction permet de suivre jusqu'au 2 mars le procès du suspect, «le docteur Villers», un médecin légiste comme le vrai Dr Muller. Ce jour-là, «le divertissement connaitrait son épilogue» avec la diffusion du verdict prononcé par un jury et «du résultat du vote des internautes», relèvent Maitres Eric Dupond-Moretti et Jérémie Assous dans leur assignation.

Des éléments «à charge»

Les avocats soulignent dans un tableau les similitudes entre la fiction produite par Maha Productions et la véritable affaire Muller: la profession du suspect, le lieu des faits, les armes retrouvées, jusqu'à la cicatrice au visage de l'épouse du docteur, causée par le sabot d'un cheval. Ils produisent aussi plusieurs articles de presse faisant le rapprochement entre fiction et réalité. «Loin d'être une fiction, Intime Conviction se fonde sur la vie et l'histoire du docteur Jean-Louis Muller», dénoncent les avocats. Mais selon eux, «des éléments imaginaires» ont été rajoutés, «tous à charge» et «ce programme a pour effet de salir le docteur Muller».

«Un préjudice considérable»

Fin octobre, Jean-Louis Muller, 58 ans, a été définitivement acquitté de l'accusation de meurtre de sa femme en 1999, après deux condamnations à 20 ans de prison. «En prenant le risque de remettre en cause, ne fut-ce que dans une partie de l'opinion publique» son innocence, Maha Productions et Arte «lui portent un préjudice considérable», ajoutent les avocats, pour qui l'oeuvre «piétine» cette innocence «judiciairement consacrée».

Jean-Louis Muller accuse Arte et Maha Productions d'atteinte au respect de sa vie privée. Il demande au tribunal qu'il ordonne de faire cesser la diffusion d'«Intime conviction», «sur quelque support que ce soit» et sous astreinte de 50.000 euros. Il réclame également 100.000 euros pour son préjudice et la publication de l'éventuelle condamnation sur la chaîne et le site internet de l'émission.