«La série est devenue un genre majeur» pour Arte

Anaëlle Grondin

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La série israélienne «Hatufim».
La série israélienne «Hatufim». — Keshet Media Group

Depuis que Véronique Cayla a pris les rênes d’Arte en 2011, les audiences de la chaîne franco-allemande sont reparties à la hausse. En janvier 2014, elle a atteint 2,1% de part d’audience contre 1,3% il y a trois ans. «Ce sont des chiffres modestes, mais la tendance est à la forte croissance alors que toutes les chaînes historiques sont à la baisse», s’est réjouit la présidente d’Arte au cours d’un déjeuner avec l’Association des journalistes médias (AJM) ce lundi.

Un bon bilan qui s’explique par la refonte de la grille des programmes et un travail sur l’image de la chaîne. «On a gardé les fondamentaux, mais adopté un ton moins docte et rajouté un peu d’humour pour montrer que la culture peut être un plaisir», a expliqué Véronique Cayla.

«Fondamental» de travailler avec les Allemands 

Parier sur des séries innovantes («Borgen», «Real humans», «Ainsi soient-ils») a également contribué à dépoussiérer Arte, longtemps considérée comme une chaîne élitiste. Aujourd’hui, «la série est devenue un genre majeur dans lequel on investit beaucoup», a confié l’ex-présidente du Centre national du cinéma (CNC) sans toutefois donner de chiffres. La chaîne va continuer dans sa lancée cette année en programmant la suite de «Hatufim» et la saison 2 d’ «Ainsi soient-ils» à l’automne, notamment.

«La 3e saison d' "Ainsi soient-ils" est déjà commandée, en espérant la diffuser début 2015 sur Arte», a indiqué Véronique Cayla, qui rêve de pouvoir proposer une nouvelle saison chaque année comme le font les Américains. Mais le prochain objectif d’Arte est surtout de parvenir à «co-produire des séries avec les Allemands». «Les co-productions franco-allemandes fonctionnent très bien pour le documentaire. Mais dans la fiction c’est plus difficile. On a décidé de s’y atteler, considérant que c’est fondamental», a-t-elle précisé.

Le modèle de «Tunnel» 

L’an dernier, la chaîne a créé le dispositif Tandem avec la chaîne publique allemande SWR. Il consiste à réunir sur un même sujet des producteurs, des réalisateurs et des auteurs, autour de deux projets de fiction franco-allemands. Pour commencer, Arte prépare une fiction sur le nucléaire, dont le tournage commence au printemps pour une diffusion début 2015. 

L’idée est de faire en sorte que les équipes franco-allemandes prennent l’habitude de travailler ensemble sur un programme. Arte attend de voir comment Tandem va fonctionner pour se lancer dans des co-productions de séries. «Tunnel», série franco-anglaise diffusée par Canal+, fait figure de modèle. 

De plus en plus loin dans le transmédias

Avec les séries, les autres axes de développement majeurs pour Arte sont le numérique et le transmédias. «[L’enquête virtuelle] Fort McMoney, cela a été époustouflant, ça a très bien marché, s’est félicitée Véronique Cayla. Le succès de Type Rider a aussi montré qu’on peut faire du jeu vidéo permettant d’acquérir des connaissances».

Arte s’apprête en outre à diffuser «Intime conviction» le 14 février, le plus gros projet de production bi-médias jamais réalisé en France. Une enquête est à découvrir à l’antenne à partir de 20h45 ce soir là, avec Philippe Torreton dans le rôle principal. Sur le Web, les acteurs du thriller sont confrontés à des magistrats professionnels et à des jurés recrutés sur le web. Les internautes pourront suivre le procès durant quatre semaines grâce à une webfiction en 20 épisodes mise en ligne sur Arte.tv. En plus des modules vidéo journaliers, les internautes auront également accès à des pièces du dossier qui leur permettront de se faire leur propre opinion.

Deux nouveaux portails Web

Véronique Cayla a également annoncé ce lundi le lancement de deux nouveaux portails Web: Arte Info, regroupant dès à présent «tout ce qui est informatif (les journaux télévisés, «28 minutes», «Vox Pop»), avec les enrichissements qui vont avec», et Arte Cinéma, qui verra le jour au mois de mai.