Les ados accros à la téléréalité sont moins bons à l'école

TELEVISION Une étude réalisée sur 27.000 élèves de 3ème démontre l’influence néfaste de la téléréalité. L’impact des jeux vidéo sur les résultats scolaires des élèves est en revanche «neutre»...

A.L

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Nabilla Benattia («Les Anges de la téléréalité 5») au Grand Journal de Canal+, le 11 avril 2013.
Nabilla Benattia («Les Anges de la téléréalité 5») au Grand Journal de Canal+, le 11 avril 2013. — MIGUEL MEDINA / AFP

Comment ça, la téléréalité n’est pas d’un grand secours quand il s’agit de réussir à l’école? D’accord, ce n’est pas un scoop. Mais une étude en apporte la preuve en chiffres. Réalisée par la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'Education nationale et relayée par Les Cahiers Pédagogiques, l’étude, réalisée en 2011 sur 27.000 élèves de 3ème soumis à des textes de mémoire, lecture, compréhension et maths, aboutit à plusieurs conclusions. On en retient deux.

Nabilla n’est pas la meilleure prof de français. «Un élève moyen qui lit beaucoup aurait une note de 14 sur 20 alors qu’un élève qui est "accro"  à la téléréalité aurait 8,4 sur 20», rapportent les deux chercheurs Alain Lieury et Sonia Lorant. La raison? «La richesse de vocabulaire». Un livre contient en moyenne 1.000 mots différents et un magazine scientifique jusqu’à 4.000, selon les chercheurs qui citent Hayes et Ahrens. Une émission populaire en prime time pour les adultes en contient elle… 598. Du coup, le visionnage «très fréquent» des programmes de téléréalité, mais aussi de «séries romantiques» aurait le plus fort impact négatif sur les performances cognitives et scolaires.  «-11 % pour les maths à -16 % pour les connaissances».

Les jeux vidéo sont moins nocifs qu’on ne le dit. «Jouer aux jeux vidéo (action, combat, plateforme) n’a pas d’incidence négative», écrivent les chercheurs, ce qui ne va pas arranger certains parents à court d’arguments face à leurs ados accros. Mais passer 12 heures devant «GTA V» ne fait pas non plus d’eux des génies des maths. «On remarque qu’il n’y a aucune amélioration pour le raisonnement, ce qui infirme l’hypothèse de transfert de la pratique des jeux vidéo sur l’intelligence fluide, comme l’ont supposés certains chercheurs».  Autres activités généralement accusées de tous les maux, l’usage très fréquent des mobiles (78% du panel) et des réseaux sociaux (73%) n’aurait qu’une «influence minime» sur leurs résultats.