Séries: Trois raisons d’attaquer «Black Sails»

Annabelle Laurent

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Toby Stephens, capitaine Flint dans "Black Sails" (Starz, 2014)
Toby Stephens, capitaine Flint dans "Black Sails" (Starz, 2014) — Starz

A l’abordage de «Black Sails». La nouvelle série de Starz hisse le drapeau noir ce samedi aux Etats-Unis et ce dimanche sur OCS Max, alors que la chaîne câblée l’a déjà renouvelée, chose rare avant la diffusion, pour une 2ème saison de 10 épisodes. Michael Bay (Transformers) est aux commandes, mais nul besoin d’apprécier ses blockbusters pour profiter du divertissement qu’est «Black Sails». Du moins à en croire les deux premiers épisodes.

Parce que le Capitaine Flint. Vous avez lu, ado, L’île au trésor de Robert Louis Stevenson? «Black Sails» nous propulse vingt ans en arrière, en 1715, au moment où le Capitaine Flint était lui-même en quête d‘un trésor. Le pilote s’ouvre sur une scène de bataille dont son vaisseau-pirate, le «Walrus», sort victorieux. Elément clé du butin: un manuscrit indiquant la position d’une véritable «mine d’or flottante». Le «Walrus» hérite également d’un nouveau cuisinier, un certain John Silver… Incarné par Toby Stephens (le fils de l’actrice Maggie Smith, vu dans Meurs un autre jour ou «Jane Eyre»), Flint s’impose d’emblée. Capitaine star en perte d’autorité face à son équipage, menacé par la flotte britannique désireuse de récupérer son ancienne colonie et dont l’emprise se resserre – «La civilisation vient à notre poursuite», enrage Flint - il dévoile du pilote au second épisode une personnalité ambiguë, et prometteuse.

Parce que les pirates. A travers les yeux ébahis de John Silver (Luke Arnold), on découvre dès le pilote la cacophonie de la ville de Nassau, actuelle capitale des Bahamas et épicentre, à cet âge d’or de la piraterie, du refuge pour mercenaires qu’est l’île de New Providence. Les équipages viennent y céder leurs biens pillés à celui qui a la main sur le marché noir des Bahamas, Richard Guthrie (Sean Michael), aidé à Nassau par sa fille Eleanor (Hanna New). Le tout dans un mélange d’alcool, de débauche et de batailles d’ego porté par une distribution convaincante (Zach McGowan, Jessica Parker Kennedy, Clara Paget, Tom Hopper). Michael Bay voulait sa série de pirates depuis le succès de Pirates des Caraïbes, dont le tournage du 5ème volet doit commencer. NBC lance également «Crossbones» avec John Malkovich en Barbe Noire. Leur invasion sur nos écrans ne fait que commencer. 

Parce que «Game of Thrones». L’activité de Nassau semble se résumer en trois mots: violence, alcool, sexe. Anne Bonny (Clara Paget) agrippe son amant par l’entrejambe: «Je veux baiser». On assiste aux ébats de Miss Guthrie (qui jure comme un charretier pour imposer son autorité), amoureuse de Max, prostituée sur l’île. Un aspect «trash» habituel pour la chaîne câblée Starz et qui nous fait penser à «Game of Thrones». Le pilote et l’épisode 3 sont signés Neil Marshall, un des réalisateurs de la série de HBO. «Trash» donc, mais de façon plutôt habile, comme reflet d’un univers de trahisons et de ruses. «On ne veut pas copier Pirates des Caraïbes. Black Sails est plus réaliste et violent, assure le showrunner et producteur délégué Jon Steinberg («Jericho»). Notre fiction sera aussi plus complexe d'un point de vue politique et moral».