Mélissa Theuriau : « ''Rendez-vous en terre inconnue'', c’est une belle leçon de vie »

Recueilli par Joël Métreau
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Mélissa Theuriau dans «Rendez-vous en terre inconnue» diffusé sur France 2 le 21 janvier 2014.
Mélissa Theuriau dans «Rendez-vous en terre inconnue» diffusé sur France 2 le 21 janvier 2014. — Jean Michel TURPIN

Pour «Rendez-vous en terre inconnue», la journaliste et productrice Melissa Theuriau est partie vivre une quinzaine de jours en immersion avec le peuple des Maasaï, au nord de la Tanzanie, en Afrique de l’Est.

Pourquoi avoir accepté de participer?

On peut difficilement refuser. C’est une occasion rêvée de vivre une expérience humaine, ce que je n’aurai pas pu faire pendant mes vacances par exemple, avec ma famille. J’ai appris que j’allais partir au mois d’avril ou de mai. Mais ne on réalise vraiment que lorsqu’on essaie des vêtements et que commence le compte à rebours une dizaine de jours avant de le départ.

Frédéric Lopez, vous en pensez quoi?

On se connait bien, on est amis dans la vie. Ce fut un combat pour lui de porter ce concept loin des formats télévisés habituels, avec des valeurs qui me tiennent à cœur.

Les deux émissions précédentes, avec Sylvie Testud, puis François-Xavier Demaison, ont réalisé des audiences de 6,1 millions de téléspectateurs (environ 23,6% de pda). Le succès de l’émission vous surprend? 

Non, et ça me fait plaisir. Cela veut dire que les gens sont en quête de sens. Notre société va tellement vite. Elle favorise l’individualisme et la solitude. Là, on prend le temps, on va vers des gens qui n’ont rien, mais possèdent tout ce qu’on n’a pas. C’est une belle leçon de vie.

Que connaissiez-vous des Maasaï ?

Peu de choses et de façon caricaturale. J’avais une vision un peu touristique via des reportages. Mais la fatigue et le nombre d’heures, voire de jours, pour les rejoindre ont effacé toutes mes appréhensions. De leur côté, les Maasaï n’avaient jamais vu un Occidental.

L’équipe de tournage n’est pas trop intrusive?

Ni intrusive ni dérangeante. Certes, on voit régulièrement l’ingénieur du son et le réalisateur. Mais ensuite, le dispositif très discret fait que l’équipe de tournage est loin de vous. Du coup, les Maasaï et moi, on a oublié leur présence. Du coup, il y a parfois des surprises au montage. Certains moments dont je garde le souvenir ne se retrouvent pas dans le film. Comme des heures et des heures de discussions, sur des sujets difficiles, comme la polygamie. Mais c’est bien que certains choses restent intimes.

Le plus dur pour vous?

J’ai eu à fournir d’intenses efforts physiques qui peuvent démoraliser. Nous, on prend tout le temps des transports, on est constamment aidés. Là-bas, il a fallu marcher par de grandes chaleurs et sur les cailloux.

Quel enseignement tirez-vous de votre séjour?

Qu’il faut préserver la terre et pratiquer l’autosuffisance. Dans notre société de profit, on exploite et on pollue la terre. Là, les Maasaï offrent un modèle où la terre est préservée. Ils ne sont pas dans une logique d’acquisition. C’est un bel exemple du modèle que prône cet homme dont j’apprécie l’œuvre, Pierre Rabhi.

Au début de l’émission, on vous voit avec votre époux Jamel Debbouze, ça n’a pas été trop pénible la séparation?

Non, pas trop dur, après il y a la joie de se retrouver.