Laurent Ruquier: «Je ne suis jamais rassasié, je suis gourmand en téléspectateurs»

Propos recueillis par Joël Métreau

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Laurent Ruquier et les chroniqueurs de «L'émission pour tous», talk-show diffusé sur France 2, à partir du 20 janvier 2013.
Laurent Ruquier et les chroniqueurs de «L'émission pour tous», talk-show diffusé sur France 2, à partir du 20 janvier 2013. — Eric VERNAZOBRES / FTV

Le talk-show «L'émission pour tous» de Laurent Ruquier est programmé ce lundi à partir de 18h30 sur France 2. Une émission quotidienne qui succède à l'échec en termes d'audiences de «Jusqu'ici tout va bien» de Sophia Aram.

France 2 est venu vous chercher pour faire une quotidienne. Pourquoi avoir accepté ?

Je veux montrer que je peux encore attirer les téléspectateurs à 19h, remonter la case, faire ce que j'ai fait pendant sept ans à France 2, jusqu'en 2008. Montrer que cinq ou six ans plus tard, on peut le refaire. Si on n'a pas ce genre de défis dans la vie, on s'emmerde. Et pour France 2, il fallait faire quelque chose qui soit un succès garanti, ou plutôt avec des présomptions de réussite. Et je ne suis jamais rassasié, je suis gourmand en téléspectateurs, il m'en faut encore (rires).

Vous avez aussi «On va s'gêner», une quotidienne sur Europe 1. Thierry Thuiller, directeur des programmes de France 2, déclarait que ce n'était pas gênant dans la mesure où il s'agit de publics différents...

Cela fait vingt ans que j'ai une quotidienne à la radio. Pendant des années, j'ai fait une quotidienne à à la télévision, «On a tout essayé», puis deux ans avec «On n'demande qu'à en rire». Ça n'a jamais été incompatible, je ne vois pas pourquoi ça le serait maintenant.

Comment allez-vous gérer votre emploi du temps?

Le matin, c'est la radio. L'émission sera enregistrée à 14h.

Pourquoi pas du direct?

Pour des raisons de confort personnel. Dans un premier temps, pour livrer une émission de qualité, il vaut mieux enregistrer. Mais ce sera les quasi conditions du direct puisqu'on enregistre de 14h à 16h et il faudra diffuser l'émission à 18h30. Il n'y aura donc pas un travail monstrueux de montage. Mais ça permet de corriger les défauts.

C'est un concept d'émission de bande avec des visages déjà connus: Isabelle Alonzo, Pierre Bénichou, Steevy Boulay, Isabelle Mergault... Certaines critiques disent que vous avez du mal à vous renouveler...

Oui mais c'est des critiques aigris et jaloux. Dès lundi soir, ils verront que ça n'est pas le cas, qu'il y a des têtes nouvelles: Louis Morin, Stéphane Bak, Charles Consigny, Arnaud Demanche, Gwendoline Hamon... Et quand bien même il n'y aurait pas de têtes nouvelles: allez sur Europe 1 faire un record historique d'auditeurs avec des nouvelles têtes, vous! Pourquoi irais-je chercher d'autres gens?

On dit aussi que vous avez «piqué» des chroniqueurs à Cyril Hanouna...

C'est des conneries. Ce serait même plutôt le contraire. Jérémy Ferrari, c'est moi qui l'ai fait démarrer dans «On n'demande qu'à en rire». Et Annie Lemoine elle a fait pendant sept ans «On a tout essayé» et «On va s'gêner». Stéphane Bak il était déjà à la radio chez moi l'année dernière. Si les journalistes télé étaient mieux informés, ils feraient peut-être de la télé au lieu d'être journalistes.

Alors quel sera le concept de l'émission?

La bande sera dans les deux parties et les invités aussi. Il y aura plusieurs thèmes abordés à chaque fois avec un concept qui n'est pas encore dévoilé. On parlera d'actualité sportive, culturelle, politique, de faits divers... Je veux qu'on s'amuse et qu'on ressorte informé.

Quoi de neuf dans votre rôle?

C'est intéressant de jouer les médiateurs avec le public. Je n'avais jamais fait ça. C'est aussi un forum, cette émission.

Pourquoi ce titre «L'émission pour tous»?

Cela fait référence à la manif pour tous et au mariage pour tous, c'est un clin d'oeil à l'actualité. Nous on veut faire une émission qui fédère.

A propos de «mariage pour tous»...

Au départ, je n'étais pas spécialement pour, mais j'ai combattu les contre, parce qu'ils ont un peu exagéré. Je ne suis si pas si militant et segmentant qu'on veut bien le croire.

Vous avez été l'un des premiers animateurs télé à faire son coming-out...

On se sent mieux dans ses baskets quand on dit la vérité. Et ça ne m'a pas nui. Ceux qui m'aiment apprécient aussi ma transparence. Ceux qui pensent que mentir par omission c'est bien, je crois qu'ils se trompent, mais ça les regarde.

Dans votre actualité, il y a aussi Je préfère qu'on reste amis, une pièce de théâtre qui est jouée à partir de vendredi prochain...

Je me suis servi de ce que j'ai vécu pour écrire à Michèle Bernier une pièce sur mesure, je la lui ai envoyée et elle a dit oui en 24 heures. C'est peut-être la pièce la plus personnelle que j'aie pu écrire. «Je préfère qu'on reste amis», c'est la phrase que j'ai détestée entendre pendant des années et que j'ai entendue une bonne partie de ma jeunesse, de mon adolescence.