Réinventez la fin d'«A bout de souffle» pour Arte

CINEMA Arte lance son premier concours de séquences parodiques («suédées»). A vous de proposer, jusqu'au 21 avril, une fin alternative au film culte de Jean-Luc Godard que la chaîne diffuse ce mercredi soir...

Annabelle Laurent

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Michel Poiccard (Jean-Paul Belmondo) est touché d’une balle dans le dos. Il court rue Campagne-Première, chancèle puis s’écroule, «à bout de souffle». Allongé sur les pavés, il susurre à Patricia (Jean Seberg): «C’est vraiment dégueulasse». Elle ne comprend pas. Les policiers: «Il a dit: Vous êtes vraiment une dégueulasse!». Elle, le regard face caméra, le pouce suivant le contour de ses lèvres, en signe d’adieu: «C’est quoi, dégueulasse?».


Arte veut du délire…

Et si l’histoire avait été autre? Si Godard avait conclu autrement? Aux internautes d’en décider. Jusqu’au 21 avril, Arte ouvre sa boîte mail à toutes les contributions. La consigne: «une séquence de deux minutes, parodiant librement la scène», l’une des plus cultes du cinéma français. «Doit-on détourner le film le rendre drôle ou rester fidèle à l'ambiance?», s’interroge un internaute. Réponse: «Cela peut être de l'humour, de la parodie, une transposition dans un autre genre».

«Parce que c’est Arte, les gens pensent toujours qu’il faut faire sérieux. Mais on ne cherche pas un court-métrage abouti, la créativité va primer! lance à 20 Minutes Hélène Vayssières, responsable des courts métrages et du magazine «Court-circuit». Tout est possible. Une séquence avec de l’animation, avec des déguisements… On espère que personne ne va se censurer… et recevoir des choses délirantes!».

… des jeunes

En lançant - dans le cadre d’une stratégie «bi-média interactive et participative», pour le jargon - ce premier concours de séquences «suédées», du nom donné aux films bricolés par Jack Black dans «Soyez sympas, rembobinez» de Michel Gondry, l’ambition d’Arte est d’exposer les films du patrimoine aux jeunes, et au grand public, explique Hélène Vayssières.  

Grand succès en salles en 1960, manifeste de la Nouvelle Vague, A bout de souffle est culte, certes, mais pas comme est «culte» un Scarface… «Notre public est plus jeune sur Internet. Cela se vérifie même sur Arte+7. Le concours peut être un moyen d’amener les jeunes générations à voir le film», que la chaîne diffuse ce mercredi 15 janvier à 20h50 au sein d’une soirée spéciale l’associant à un documentaire sur Jean Seberg. Plus généralement, il s’agit de toucher le grand public, en rappelant encore et toujours qu’Arte «est loin d’être réservée à une élite».

… et d’autres concours

Comme pour les autres concours de la chaîne, ce sera aussi «l’occasion de découvrir de nouveaux talents, qui n’auraient pas spontanément envoyé leurs courts à Arte parce que c’est, pensent-ils, très intello», poursuit Hélène Vayssières. Mais pas question de ne s’adresser qu’aux étudiants de cinéma «qui eux connaissent le film par cœur et vont s’amuser à transgresser les règles».

C’est un premier essai. L’idée est de lancer deux concours par an, toujours en lien avec un film à l’antenne. «C’est un test Il faut avoir si ça intéresse, si ça marche avec les films du patrimoine», reconnaît Arte. Un cycle Truffaut approche. Bientôt l’opportunité de refaire les 400 coups dans la peau d’Antoine Doinel?