Conférence de presse de Hollande: Qui va poser LA question sur la relation Hollande-Gayet?

Alice Coffin

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Conférence de presse de François Hollande du 15 mai 2013
Conférence de presse de François Hollande du 15 mai 2013 — Sipa

Qui posera la question? A en croire les titres des flashs radio, journaux et édito, les informations sur la situation conjugale de François Hollande vont «parasiter», «rendre très délicate», «perturber» la conférence de presse du président prévue mardi. Encore faut-il que les quelque 500 professionnels accrédités formulent une ou des questions sur le sujet. En janvier 2008, après quelques semaines de révélations sur Carla Bruni et Nicolas Sarkozy, c’est Roselyne Febvre de France 24 qui avait dégainé dès la deuxième question. Elle avait pris soin de se justifier, expliquant que «le monde entier se pose la question», et le président avait répondu, bonhomme...

La situation est moins joviale pour Hollande. Qui lui demandera de l’éclaircir? 20 Minutes a interrogé quelques journalistes politiques, habitués de ces conférences ou qui seront présents demain et oscillent entre gêne et nécessité de combler les attentes sur le sujet.

«Il faut le demander de manière pudique mais ferme»

Cyril Adriaens, en charge du suivi de l’Elysée pour LCI «En général, c’est l’AFP ou l’association de la presse présidentielle qui pose la première question, et je pense que ce sont eux qui demanderont. Cela doit être fait de manière intelligente, pudique mais ferme. Ce qui est sûr, c’est que dans la tête des téléspectateurs et des journalistes, il y a cela et que le président ne sera pas audible sur d’autres sujets tant qu’il n’en aura pas parlé. Il ne s’agit pas de poser dix questions sur le sujet, mais deux ce serait bien. Histoire de relancer une fois, qu’on n’ait pas l’air d’obéir tout de suite quand le président dira stop! Si jamais ce n’était pas posé au tout début, et que personne n’osait, je pense qu’il y a toujours 10% de la profession qui aura à cœur de se faire remarquer!».

«Je ne pense pas qu’on ne pas va se disputer pour poser cette question!»

Charlotte Chaffanjon, journaliste politique au point.fr «Je ne poserai pas cette question-là et je ne pense pas qu’on va se disputer pour le faire! C’est vrai que ça parasite complètement cette conférence, que cela occupe l’espace dans la presse. François Hollande a quand même un don pour se mettre dans des situations pas possibles. Là, il avait plutôt tout bien réussi. Ses vœux avaient été l’occasion d’annonces importantes, il assumait certains choix économiques et il était évident que la conférence allait lui permettre de développer tout cela, et qu’on traiterait de sujets de fond. Et puis…»

«Va-t-on laisser les confrères étrangers déminer le sujet?»

Matthieu Deprieck, journaliste politique à lexpress.fr «La seule interrogation, c’est: est-ce que la question sera posée dès le début comme cela avait le cas pour Sarkozy ou est ce qu’on va attendre que les confrères étrangers déminent ce sujet sensible? Avant les nouvelles de dimanche et les commentaires de l’Elysée, je pense qu’aucun média traditionnel n’aurait posé la question. Il n’y a qu’à voir comme le sujet a été traité au 20h de France 2 vendredi soir, au vitriol, et pour dire que c’était une déviance venue de la presse anglo-saxonne. Après, sur la façon dont cela va être formulé, c’est compliqué. Ces conférences de presse, c’est la réunion du tout-Paris, c’est très organisé. Il y a une liste d’attente pour les questions, cela ne facilite pas la relance sur un sujet. Ou pour cela si on voulait vraiment faire le point et marteler une question il faudrait qu’on se mette d’accord entre confrères, et qu’il y ait solidarité entre les rédactions ce qui n’est pas toujours le cas. En plus François Hollande est plutôt bon dans cet exercice et il peut s’en tirer en disant juste qu’il regrette.»