Les violences conjugales sous l’œil des caméras de France 3

Alice Coffin

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Extrait du documentaire "Violences conjugales" de France 3 produit par Capa
Extrait du documentaire "Violences conjugales" de France 3 produit par Capa — Capa / France 3

A la télévision, ou ailleurs, les violences conjugales font parfois l’objet d’étranges plaisanteries. Symptôme de la méconnaissance de ce problème de société structurel. En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. 148 par an. Sarah Lebas et Laurent Dy ont enquêté pendant plusieurs mois sur le sujet pour l’agence Capa. Leur documentaire Violences conjugales, parler pour renaître est diffusé lundi à 20h45 sur France 3. Trois questions à Laurent Dy.

Cela a été compliqué de réunir des témoignages ?
Toutes les femmes n’ont pas souhaité témoigner à visage découvert. Mais beaucoup d’entre elles le font dans le film. C’était important car pour certaines, parler dans ce film était une forme de thérapie. Surtout, elles l’ont fait pour les autres, pour mettre fin à un tabou. Compliqué de dire: je témoigne pour dire qu’il faut oser en parler en ne le faisant pas à visage découvert!

Vous aussi, votre but c’était de toucher toutes ces femmes qui n’osent pas parler?
Ce n’est pas militant, mais clairement si on a choisi de filmer de nombreux dispositifs qui existent pour accueillir et aider les victimes de violences conjugales, c’était pour montrer qu’elles existent. Pour que celles et ceux qui le voient se disent, je peux y aller. Pour que les voisins et voisines parlent lorsqu’ils sont témoins. Pour montrer que cela ne concerne pas le lumpenproletariat mais tout le monde.

Vous montrez de manière assez crue des hématomes, des cicatrices, les traces laissées sur les corps par ces violences. C’est un choix réfléchi?

Nous commençons le film par Coralie, qui s’est fait tirer dessus au visage par son conjoint, a passé plusieurs semaines à l’hôpital, car on voulait très vite faire prendre conscience que les violences conjugales cela va des violences psychologiques aux tentatives de meurtre.