Le Français Gilles Marini poursuit son rêve américain sous les projecteurs

Anaëlle Grondin

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L'acteur Gilles Marini.
L'acteur Gilles Marini. — Bruce Birmelin / ABC Family

Il a le sourire ravageur, parle impeccablement l’anglais américain et connaît une ascension étonnante à Hollywood. En quelques années seulement, le Français Gilles Marini est parvenu à se faire une place sur les plateaux de tournage outre-Atlantique. Vous avez très certainement remarqué sa plastique impeccable dans le film Sex and the city en 2008 (vous savez, la fameuse scène sous la douche?). Plus récemment, il a joué dans la série «Brothers and sisters», et il est désormais au casting de «Switched». 

Pourtant, il y a onze ans, Gilles Marini ne connaissait pas un mot d’anglais en s’installant aux Etats-Unis. Il a dû apprendre sur le tas. «En 2002, je suis arrivé à Los Angeles. J’ai  rejoint une agence de mannequins et j’ai commencé à faire pas mal de publicités nationales à la télévision. C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu’avec la caméra ça se passait bien», nous raconte le brun ténébreux de 38 ans. Il décide alors, dans l’espoir de devenir acteur, de prendre des cours avec Vincent Chase, véritable gourou à Hollywood. «Je ne voulais pas brûler les étapes, me jeter dans la gueule du loup sans avoir compris ce qu’était le rôle d’acteur», explique-t-il avec modestie. 

«Les gens beaux, il y en a des millions, ça ne fait pas tout» 

A partir de là, il se voit confier des petits rôles «où tu me vois cinq secondes», qui deviendront plus importants par la suite. Mais cela n’a pas été instantané: «Au début c’était folklorique! Ma femme Carole et moi, on vivait d’amour et d’eau fraîche. Ca a duré comme ça jusqu’en 2008 au moins». Un parcours que beaucoup de comédiens, qui peinent à percer outre-Atlantique, lui envient certainement. Car ne cartonne pas à Hollywood qui veut. «J’ai travaillé dur» pour en arriver là, répète-t-il. Son physique a-t-il également pesé dans la balance? Il admet volontiers que c’est un critère important à Hollywood. «Mais ça ne fait pas tout. C’est juste assez pour t’ouvrir des portes. Il faut aussi beaucoup de volonté, de travail, de respect». Et puis des gens beaux, il y en a des millions, assure-t-il.

«Une fois que tu casses la baraque, tu as des coups de fil, des agents, des équipes de quarante personnes qui s’occupent de toi. C’est devenu un peu abasourdissant, réalise l’acteur qui a obtenu la nationalité américaine en 2012. Je suis étonné aujourd’hui d’avoir ma deuxième série en tant qu’acteur principal. Les films s’enchaînent, je suis "booké" jusqu’à la fin 2015». Aujourd’hui, c’est sa femme, rencontrée en 1998, qui gère sa carrière.

De la boulangerie aux plateaux de tournages

Avant de s’expatrier avec elle le rêve américain en tête, le Cannois était boulanger-pâtissier en France. «J’ai commencé à l’âge de 6 ans, avec mon père. Jusqu’à sa mort. Ensuite, à 19 ans, j’ai fait quelques petits boulots à droite à gauche, et mon service militaire». A ce moment-là, il rencontre «quelqu’un qui a changé complètement [sa] vie», le photographe Fred Goudon. «J’ai fait des photos avec lui en 1994. Ça m’a beaucoup aidé pour la suite.»

Son ascension à la télé américaine, il la doit à «un je ne sais quoi», «peut-être l’exotisme européen, méditerranéen, la façon dont [il] peut parler cinq langues, réfléchit-il à haute voix. Comme j’ai fait mes armes aux Etats-Unis, je joue déjà comme un américain». «Mais je ne fais pas ça pour être connu, hein, tient à préciser l’acteur. Jouer des personnages différents, c’est quelque chose qui m’exalte».