Révélé par «Sherlock», Benedict Cumberbatch crève l’écran

Anaëlle Grondin

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Benedict Cumberbatch dans la série britannique «Sherlock».
Benedict Cumberbatch dans la série britannique «Sherlock». — BBC

Steven Moffat, l’un des deux créateurs de la série «Sherlock», n’en revient toujours pas. «Benedict Cumberbatch est passé du jour au lendemain de "l’acteur au nom rigolo dont personne ne se souvient" à "star"», s’enthousiasme-t-il. Lorsqu’il évoque le comédien vedette de sa série, c’est à chaque fois pour l’encenser. Cumberbatch fait partie des «acteurs britanniques les plus courus» aujourd’hui, se réjouit-il. Et dire qu’il y a quelques années encore, le visage du méchant du dernier Star Trek était inconnu du grand public, malgré son interprétation remarquée outre-Manche du physicien Stephen Hawking dans le téléfilm Hawking en 2004.

La carrière de l’acteur anglais, qui a fait ses débuts sur les planches trois ans plus tôt, a basculé après la diffusion de l’adaptation moderne des aventures du détective de Conan Doyle. Depuis qu’il a endossé le trench-coat de Sherlock Holmes en 2010, sa vie n’est plus tout à fait la même.

Pourtant, dans un immense hangar bleu et rouge situé à une trentaine de minutes de Cardiff, c’est avec discrétion que l’acteur déambule sur le set de «Sherlock». Près de la pièce chaotique qui sert d’appartement à Holmes et Watson et de la façade du 221B Baker Street, il apparaît, sourire aux lèvres, dans son célèbre imperméable, une écharpe bleue autour du cou.

Embarrassé par son exposition médiatique

Très poli et raffiné, l’Anglais de 37 ans est loin de l’handicapé des relations humaines qu’est le Sherlock Holmes version 21e siècle qu’il incarne. Au contraire, Benedict Cumberbatch multiplie les anecdotes et les éclats de rire. Lorsqu’on lui demande si l’ambiance a changé sur le tournage de «Sherlock» depuis Star Trek Into Darkness,  il nous répond à brûle-pourpoint de sa spectaculaire voix de baryton: «J’insiste pour que les gens baissent les yeux quand j’arrive sur le set…» «Non en réalité tout est comme au premier jour», ajoute-t-il dans un sourire, avant de réaliser: «Ah si, ma loge [une caravane] est plus grande!».

Malgré son aisance devant les caméras, son exposition médiatique soudaine le met toujours un peu mal à l’aise. Il semble vouloir ne pas trop s’emballer. N’allez surtout pas évoquer les articles de magazine le qualifiant de «sex-symbol». Le comédien aux yeux bleus et aux pommettes improbables aime raconter qu’il a déjà été comparé à Sid, le paresseux de L’Âge de glace.  Pas vraiment flatteur.  

«Je dois travailler très dur pour arriver à jouer Sherlock»

Le comédien se montre également très critique sur son jeu d’acteur, malgré des nominations aux BAFTA (l’équivalent britannique des Oscars), sa participation au film La Taupe en 2011 aux côtés de Colin Firth et Gary Oldman, et son premier rôle dans Le Cinquième pouvoir, pour lequel il a adopté le blond platine de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks. «Sherlock est une personne intelligente, brillante, et je dois travailler très dur pour arriver à jouer ce rôle», assure-t-il. Il explique aussi qu’il eu la tâche «compliquée» d’apprendre à jouer du violon pour la série: «J’ai une professeure merveilleuse, mais ça reste très difficile». Il finit par avouer dans un rire nerveux: «J’ai l’impression d’être le pire escroc quand je joue du violon dans "Sherlock"».

Très sollicité pour de nouvelles fictions sur grand écran comme Le Hobbit, Benedict Cumberbatch a confirmé récemment que «Sherlock» aurait une saison 4. Steven Moffat est sur un nuage. Sa plus grande crainte? Voir son brillant acteur de plus en plus accaparé par les cinéastes et se détourner de la série de la BBC. Mais Benedict Cumberbatch jure qu’il n’a pas l’intention de laisser tomber le détective privé comme ça. Elémentaire.