Cinq bonnes raisons de regarder «The Americans»

Anne Demoulin

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Keri Russell dans «The Americans».
Keri Russell dans «The Americans». — FX Networks

Philip et Elizabeth Jennings et leurs deux enfants incarnent la famille idéale américaine juste après l'élection de Ronald Reagan à la Présidence, en 1981. Une illusion. En réalité, Mischa et Nadezhda sont deux agents du KGB infiltrés, mariés pour la forme et qui ont conçus leurs enfants pour assurer leur couverture. Canal+ Séries diffuse ce mercredi à 20h50 les deux premiers épisodes de «The Americans». 

Un aspect méconnu de la guerre froide

La série fait découvrir un aspect méconnu de la guerre froide. «Imaginée par un ancien de la CIA, la série se fonde sur une histoire vraie, celles des agents dormants russes.  L’époque a juste été changée», souligne la chercheuse.

Une série qui renoue avec la série d’espionnage classique…

«La série renoue avec la tradition de la série d’espionnage américaine des années 1960,  telles que “Mission Impossible” ou “ Des agents très spéciaux”», rappelle Séverine Barthès, maître de conférence à la Sorbonne Nouvelle, coauteur de Décoder les séries télévisées (De Boeck). Un genre toujours présent au cinéma qui a fait son retour à la télévision au début des années 2000 avec «24 heures chrono» ou «Rubicon». «Ce retour a sans doute un lien avec le 11-Septembre», considère Séverine Barthès.

… tout en étant pas manichéenne

«The Americans» a été saluée par la critique américaine. L’American Film Institute la classe comme la meilleure série de 2013. Sa particularité? «Faire une synthèse entre la série historique, de type “Mad Men”, et celle d’espionnage, comme “Homeland”».  Le changement d’époque - l’action se déroule dans les années 1980 – permet « une approche moins manichéenne, plus subtile que “24 heures”»

Des personnages en quête d’identité

«The Americans» décrit au-delà des intrigues d’espionnages les tourments intimes des deux héros incarnés par Keri Russell («Felicity») et Matthew Rhys («Brothers and Sisters»). La série pose la question de l’identité. L’Amérique est traditionnellement une terre d’immigration. Nos deux agents du KGB sont parfois tentés de trouver vraiment asile aux Etats-Unis. «Ils sont russes, leurs enfants sont américains. La série pose en fait la question suivante: ce qui définit mon identité est-ce là d’où je viens ou là où je vis».  Le logo de la série et le générique montrent bien cette problématique. Une question très présente depuis le 11-Septembre, que l’on retrouve aussi dans “Homeland”.

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THE AMERICANS - Bande-annonce

Des clins d’œil à l’histoire de la télévision

Comme l’action se déroule pendant la guerre froide, la série fait référence à l’histoire de la télévision des années 1980. «Il y a aussi des tas de clins d’œil réservés aux amateurs de séries d’espionnage», note la chercheuse.