«Doctor Who» a 50 ans: Les raisons de la longévité de la série de science-fiction

Anaëlle Grondin

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Image de la série britannique «Doctor Who».
Image de la série britannique «Doctor Who». — BBC

Cinquante ans, ça se fête! Le 23 novembre 1963, les Anglais découvraient sur le petit écran le premier épisode d’une série de science-fiction qui allait marquer l’histoire de la télévision, «Doctor Who». Un demi-siècle plus tard, jour pour jour, la BBC et France 4 (en simultané) s’apprêtent à diffuser ce samedi à 20h50 un épisode anniversaire inédit très attendu par les fans, baptisé «Le Jour du docteur».

Interrompue outre-Manche en 1989 en raison du déclin des audiences, la série est revenue à la télévision sous un nouveau jour en 2005. Les aventures du «Seigneur du Temps» ont alors repris de plus belle, séduisant au passage France 4 qui en acquiert les droits de diffusion.

Des centaines d’histoires possibles

«Une série qui dure aussi longtemps, c’est un exploit. C’est assez inhabituel pour la BBC: la chaîne essaie de mettre régulièrement en avant de nouvelles productions», indique Sandra Petkovic, directrice du bureau de Paris de BBC Worldwide distribution. Pour Alain Carrazé, directeur de l’agence 8 Art City et spécialiste des séries, «le concept très ouvert» de «Doctor Who» explique une telle longévité. «Un homme qui voyage dans le temps et dans l’espace… C’est tellement simple que ça peut donner lieu à des centaines d’histoires différentes: sur une planète lointaine, dans le passé, avec des extraterrestres, des dinosaures. Le scénariste peut vraiment faire ce qu’il veut.» «"Doctor Who" balaie presque tous les genres de la science-fiction», ajoute Anne-Claire Noël, co-administratrice du site francophone non officiel «Beans on toast».  

Pour Sandra Petkovic, la série perdure car elle a «réussi à se renouveler sans arrêt sans s’écarter des codes de base». Le docteur, par exemple, un extraterrestre à l’apparence humaine, peut se régénérer quand il meurt et ressuscite sous de nouveaux traits. Un autre acteur prend la relève pour jouer le personnage, alors doté d’une nouvelle personnalité. «Chaque incarnation apporte un nouvel éclairage au personnage, précise Alain Carrazé. On peut imaginer un jour que le docteur soit une femme, ça ne changera rien au concept.»

«Ce ne sont pas les acteurs qui importent»

Onze comédiens ont déjà incarné Doctor Who, qui aura un douzième visage à partir de décembre: celui de l’acteur écossais Peter Capaldi. «Certains fans qui ont découvert récemment "Doctor Who" avec Matt Smith ne seront peut-être pas attirés par un docteur plus âgé. Mais pour les fans plus anciens c’est un moment très excitant même si une régénération est toujours un peu triste, estime Diane, administratrice d’un autre site de fans, «Doctor Who France». Depuis la reprise de la série en 2005, les différents docteurs ont toujours été très dynamiques et les épisodes très rythmés. Je ne pense pas que l’arrivée de Peter Capaldi ralentisse le mouvement.»

Ces changements de personnage, d’intrigue, d’atmosphère, font indubitablement «la force de la série», insiste Anne-Claire Noël. «Si la série continue de fasciner toujours autant, c’est parce que les téléspectateurs acceptent l’idée que ce ne sont pas les acteurs qui importent mais les personnages et les histoires», ajoute-t-elle. «Le Docteur est aussi très attachant. Il aide les autres sans préjugés, il est pacifiste et possède une bonne dose d’humour», poursuit Diane, avant d’encenser «la qualité des scénarios, des décors et des effets spéciaux». 

En plus d’être une série tous publics, regardée par les enfants comme les adultes, «Doctor Who» est aussi culte chez les Britanniques parce que beaucoup de téléspectateurs ont grandi avec le docteur, selon Diane: «"Doctor Who" est en quelques sortes un "ami" de la famille».