Les «Lapins crétins Invasion» font l'humour à double détente

Joël Métreau

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La série d'animation «Les Lapins crétins Invasion».
La série d'animation «Les Lapins crétins Invasion». — Ubisoft

Joli lancement pour «Les Lapins Crétins Invasion». Sur France 3 samedi matin, la série d’animation avait réalisé 13,3% de parts d’audience, et a attiré 30,3% du public des 4-10 ans et 22,4% des 11-24 ans. Les Lapins Crétins n’étaient pourtant pas nés d’hier. Ils existaient déjà à travers les jeux vidéo et les films viraux. Pour Ubisoft, il fallait donc rester dans la lignée. Par exemple, interdiction d’étirer ou de modifier les lapins comme dans un cartoon de Tex Avery. Les Lapins crétins doivent pouvoir continuer à cohabiter avec des vrais acteurs dans notre monde réel, par exemple dans des courts métrages. 

«Intuitivement, on avait  l’impression qu’on s’adressait d’abord aux ados, raconte Frédéric Thonet, producteur de la série. Puis en scrutant le marketing des jeux, on s’est aperçus les lapins touchaient surtout les 6-11 ans et les jeunes adultes, les ados n’étaient pas du tout dans le cœur de cible. Ça nous a aidés pour l’humour.»

Références à la pop culture

Les studios d’animation ont donc truffé les épisodes de références à la pop culture, qui échapperont au regard premier degré de l’enfant. Samedi, dans le premier épisode, «Omelette crétine», les lapins ont pratiqué des duels aux œufs dans des chorégraphies inspirées de «Matrix» et de «Spider-Man». Ce mardi à 10h30 est diffusé l’épisode «Poulpe crétin», où étoile de mer et pieuvre sont victimes de leurs facéties. Coexistent donc deux types d’humour: «Un humour de situation directe, puis des références à des films» précise Frédéric Thonet, comme l’histoire du Lapin Hibernatus, clin d’œil au film de 1969 avec Louis de Funès. Soit un lapin vieux de milliers d’années, congelé dans les glaces et qui est ramené à la vie.

Des objets détournés de leur usage

«Mais les Lapins crétins, c’est un humour assez frondeur, explique Jean-Julien Baronnet, directeur d’Ubisoft Motion Pictures, ils se moquent de notre société et de notre culture, et détournent de leur usage des objets de notre vie quotidienne, auxquels on accorde une importance parfois exagérée, comme le portable.» Un miroir moqueur, donc.

L’humour de la série doit aussi au processus singulier de la création. «Dès le pitch, on a associé le pool de scénaristes avec le metteur en scène, explique Jean-Julien Baronnet. L’humour des lapins étant très visuel, le réalisateur a une vision de l’animation et de la gestuelle, tandis que le scénariste a celui du gag et de l’histoire. En mélangeant les points de vue en amont, on obtient un humour original.» Mais les lapins se baffent et s’empoignent. Ils ne sont pas de cadeaux. Dur, non? «Les lapins n’ont pas de méchanceté, mais ils possèdent une impertinence et un égoïsme, pointe Jean-Julien Baronnet. Mais pas plus que celles d’un enfant de 4 ans qui veut imposer sa propre logique.»