«Le retour au pensionnat de campagne» vu par un professeur des écoles

Recueilli par J.M.

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«Retour au pensionnat à la campagne», sur M6.
«Retour au pensionnat à la campagne», sur M6. — Jean Michel CLAJOT/M6

Eric, professeur des écoles dans une école primaire à Vincennes (Val-de-Marne), a regardé le premier épisode de «Retour au pensionnat à la campagne », que diffuse M6 ce lundi 30 septembre à 20h50. Le principe? Vingt-quatre filles et garçons doivent passer leur certificat d’études, dans une ambiance années 1950, en suivant des cours dispensés dans un pensionnat à la campagne. Que pense-t-il de cette émission de téléréalité qui ressuscite le concept du «Pensionnat de Chavagnes»?

Comprenez-vous pourquoi l’éducation scolaire des années 1950 peut passionner?

L’émission reflète une nostalgie des années 1950, où il y avait une totale confiance envers l’enseignant et un respect pour lui. Aussi bien de la part des enfants que des parents. A l’époque, il s’agissait de délivrer un certificat d'études primaires. Là, les candidats sont plus âgés, ils sont entre 13 et 16 ans.

Avez-vous l’impression qu’on y apprend quelque chose sur l’éducation de cette époque ?

Non, pas beaucoup, c’est davantage une émission de divertissement.  Certes il y a quelques références historiques, comme celles aux métiers de la ferme. Dans les années 1950, les enfants pouvaient se familiariser avec eux. Quand on voit les séquences avec les candidats qui ont peur des animaux, c’est assez cocasse. Autrefois, c’est peut-être ce qu’on appelait «Les leçons de choses». Il y a aussi un passage où les enfants doivent écrire au plumier… alors que leurs professeurs corrigent avec un stylo de notre époque. Et aussi une autre séquence, où les enfants apprennent la conjugaison, avec des verbes et des temps qu’on n’utilise plus vraiment, comme l’imparfait du subjonctif.

L’émission offre-t-elle un point de vue intéressant sur la discipline à l’école?

L’émission ne reflète sans doute pas certaines formes de punition des années 1950, comme les châtiments corporels ou les humiliations. Dans l’émission, le surveillant général donne 300 ou 400 lignes à copier à un élève qui a envoyé une boulette sur le professeur de français. Aujourd’hui, les directives des inspecteurs proscrivent ce genre de pratiques. Après une nuit où les enfants ont chahuté, le directeur décrète comme punition 30 minutes de course avant le petit déjeuner. Mais globalement, tout est surjoué. Je me demande si les gamins n’étaient pas briefés, poussés à faire le maximum de bêtises, comme rire dans les couloirs de la nuit… On peut se demander si ce n’est pas inscrit dans le scénario.

Y-a-t-il un intérêt aujourd’hui à donner aux enfants ce type d’éducation?

A mon avis, non. C’est davantage les parents qui devraient la recevoir. Car, parfois, je reçois des parents qui ne savent plus quoi faire avec leur enfant. C’est plutôt eux qui devraient être envoyés au pensionnat pour apprendre à éduquer leur enfant.