Au Vatican, «la culture du secret»

DOCUMENTAIRE France 5 diffuse mardi soir à 20h40 «Ombres sur le Saint-Siège» consacré aux crises qui secouent le Vatican…

Joel Metreau

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Des cardinaux au Vatican. Extrait du documentaire de Mathieu Verboud, «Ombres sur le Saint-Siège».
Des cardinaux au Vatican. Extrait du documentaire de Mathieu Verboud, «Ombres sur le Saint-Siège». — Folamour Productions

Le plus petit Etat au monde -une superficie de 44 ha- est sans doute aussi le plus fermé à la transparence. Le documentaire Ombres sur le Saint-Siège, diffusé mardi à 20h40 sur France 5, égrène les crises que traverse l’Eglise catholique: de la question de l’ordination des femmes, en passant par l’essor des cultes évangéliques et la pédophilie. Ce docu consacré au seul Etat dans le monde dont dispose une religion –le catholicisme– pointe aussi en filigrane comment le Vatican verrouille toute sa communication.

«Botter en touche sur les questions d’argent»

Mathieu Verboud, auteur et réalisateur du docu, avait demandé plusieurs interviews de cardinaux. Il a produit un «texte d’un page en étant le plus lisse possible». Entre ma demande et le moment où on a réussi à caler une date dans l’agenda, six mois s’étaient écoulés. «Avec les services de renseignement américain, ça répond plus vite», soupire Mathieu Verboud, qui a déjà travaillé sur des sujets impliquant le FBI. N’empêche, le cardinal brésilien João Braz de Aviz, membre de la Curie, le gouvernement du Vatican, a accepté une interview. «Mais sur les questions d’argent, les dignitaires du Vatican vont botter en touche», explique le réalisateur.

«La culture du secret»

«La culture du secret, c’est un des mantras du Vatican. Et il durera aussi longtemps que le Vatican. C’est un invariant historique largement lié au fait ces gens se sont toujours cru en surplomb des autres », affirme Mathieu Verboud. Mais cette discrétion est parfois mise à mal, comme dans l’affaire des fuites de documents du Vatican, surnommée «Vatileaks», et qui a été révélée par le journaliste italien Gianluigi Nuzzi, par ailleurs interrogé dans Ombres sur le Saint-Siège». S’ensuit un scandale autour du rôle de l’Institut pour les œuvres de religion, banque du Vatican soupçonnée de blanchiment pour ses clients. Dans un souci de transparence, fin juin 2012, 55 journalistes sont invités à pénétrer la tour qui abrite l’instution. Pour une visite sans enregistrement audio ni images à la demande du Vatican. Et avec «questions sélectionnées par le porte-parole du Vatican», rapportait l’AFP.

«En position de force»

Pourquoi les activités du Vatican demeurent-elles si opaques? «Les changements de pape sont couverts pas vingt caméras, remarque Mathieu Verboud. Ce qui fait leur pub, ce sont les consistoires et les synodes.  Ils sont en position de force et n’ont pas besoin de vous. Ils se contrefichent si leur communication est datée. Ils ne sont pas en demande, et se contentent d’être polis.»