«Masterchef»: Pour Amandine Chaignot, «le tournage était lourd à gérer»

Recueilli par Joël Métreau

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Amandine Chaignot, chef à l'hôtel Raphaël à Paris et jury de l'émission Master Chef, le 18 septembre 2013.
Amandine Chaignot, chef à l'hôtel Raphaël à Paris et jury de l'émission Master Chef, le 18 septembre 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La grande nouveauté de «Masterchef», dont la quatrième saison commence le vendredi 20 septembre à 20h45 sur TF1, c’est la présence d’un nouveau membre dans le jury. Amandine Chaignot, 34 ans, rejoint le trio d’hommes Sébastien Demorand, Yves Camdeborde et Sébastien Demorand. Ancienne étudiante en fac de pharmacie, elle découvre sa vocation en servant des pizzas. Et, plutôt que d’ouvrir un salon de thé, elle intègre l'école Grégoire Ferrandi pour un CAP de cuisine. S’ensuit un parcours dans les plus grands restaurants, comme au Plaza, au Ritz de Londres, pusi au Crillon. Actuellement elle est la chef du restaurant de l’hotel Raphael, à Paris.

Pourquoi avoir accepté «Masterchef»?

Je voyais ça comme une belle occasion de découvrir des chefs invités, les personnalités des candidats, le fonctionnement d’un plateau de télé... «Masterchef», c’est quand même une grosse machine de guerre, avec 70-90 personnes sur le plateau. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de monde.

Qu’est-ce qui vous a surpris?

Le caractère convivial et presque amical sur le plateau entre les équipes, le jury et les candidats. Bon, il y a des coups de gueule de temps en temps, mais ça n’est pas ce qu’on retient.

Combien de temps a duré le tournage?

Trois mois et c’était très lourd à gérer. Car je venais le matin à 7h30 en cuisine au palais Raphael pour donner des consignes, je décollais vers 8h45 pour tourner toute la journée jusqu’à 20h. Et après je revenais au Raphael pour faire le service du soir. J’étais stressée le premier jour de tournage à Rungis. Il y a un mélange d’excitation et d’angoisse. C’est comme si vous arrivez au milieu d’un match de foot à la deuxième mi-temps, que tous les joueurs se connaissent et que vous débarquez comme par magie. Je n’avais pas envie de décevoir et de répondre aux attentes des candidats, tout en restant fidèle à celui que je suis.

TF1 vous a laissé toute liberté de vous exprimer?

On avait toute liberté de parole. Et là je n’ai pas de baillon. Sauf pour donner les noms des gagnants.

Vous connaissiez les autres membres du jury?

On se connaissait tous plus ou moins dans ce métier. Sébastien, je le connaissais un peu moins.

Pourquoi pensez-vous que la production a fait appel à vous?

Ils cherchaient un nouveau regard. Sans doute quelqu’un d’un peu plus jeune que les autres membres du jury et une demoiselle.

Cela représente quoi d’être une femme dans ce milieu très masculin?

Il y a toujours des moments où il faut taper du poing sur la table plus expressément que certains garçons. On est parfois en face des standards de la misogynie. Ça m’est déjà arrivé sur des salons pour chercher un four ou un matériel un peu pointu, qu’on me demande: «Vous êtes la secrétaire de quel chef?». Il est m’est arrivé aussi de faire des extras et quand j’arrive on me dit: «Non, mais la serveuse vous étiez prévue à 19h!» Je préfère en rire.

Qu’attendez-vous de votre exposition médiatique?

J’ai du mal à appréhender. Dans nos métiers, ça ouvre les portes et permet de parler de nos restaurants, de nos cuisines. J’espère que ça va donner envie aux téléspectateurs de «Masterchef» de déjeuner au Raphael. J’ai une vie hyper ennuyeuse. Je bosse non-stop du lundi matin au vendredi soir non stop. Le samedi je dors, puis je vais courir. Je ne fréquente pas les boîtes branchées ni les bars people. J’ai des côtés sauvages aussi.

C’est un palace le Raphael tout le monde ne peut pas s’y offrir un repas…

Oh, un menu déjeuner à 58 euros c’est quand même abordable! Bon, je ne suis pas comme dans certains trois étoiles avec un menu à 240 euros. Là, c’est 58 euros, déjeuner, vin, café, tout compris pas de surprises. Evidemment, je sais que ce n’est pas l’endroit où 90% de la population irait déjeuner. Mais c’est un autre débat.

Vous regardez des émissions culinaires?

Je regarde très peu la télé. Jamais une émission entière. Mais en replay des passages. Par exemple, parce qu’un chef que j’aimais beaucoup était intervenant.

C’est la rentrée littéraire, vous lisez quoi?

Je bouquine un peu mais pas autant que je voudrais, en plus je suis en ce moment en deux-roues. Je profitais du trajet en métro avant. Là, je lis Hippie hippie shake: Rock, drogues, sexe, utopies: voyage dans le monde merveilleux des sixties. Parce que j’aime beaucoup la musique des années 60-70, comme Janis Joplin. J’aime bien les vieilleries.