Anaïs Bouton de Paris Première: «On a un esprit espiègle et une complicité avec le téléspectateur»

Anaëlle Grondin

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Anaïs Bouton, directrice des programmes de Paris Première.
Anaïs Bouton, directrice des programmes de Paris Première. — André SARAIVA/PARIS PREMIERE

Directrice des programmes de Paris Première, Anaïs Bouton donne à 20 Minutes un aperçu de la nouvelle grille de la chaîne payante. Elle nous explique aussi pourquoi François Simon a été choisi pour «Paris Dernière» et ce qui changerait si Paris Première passait sur la TNT gratuite.

Qu’est-ce qui va faire la force de Paris Première cette saison?

Paris Première a 27 ans et n’a pas beaucoup changé depuis sa naissance. On a retravaillé la grille. Notre point fort, le magazine. Les gens sont habitués aux marques comme «Paris Dernière» ou «Ca balance à Paris». On fait aussi un gros effort sur les documentaires, en en proposant plusieurs sur la mode et sur l’art. Autre point fort, l’offre cinéma, exigeante. D’ailleurs on ouvre une troisième case cinéma le dimanche soir, avec les grands classiques. Et il y a le théâtre. A la fin de l’année, on mise sur La Troupe à Palmade, 14 jeunes comédiens qui présentent plusieurs spectacles sur scène.

Du côté des nouveautés vous mettez en avant une série de documentaires sur l’art, «La grande expo»…

«La grande expo» sera diffusé le mardi en deuxième partie de soirée. L’idée est d’ouvrir les portes des expos que les gens ne peuvent pas voir soit parce qu’ils sont loin de Paris soit parce qu’il y a des files d’attente interminables. Paris Première ira à l’exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou, à l’exposition Raymond Depardon au Grand Palais, à la réouverture du Musée Picasso…

En quoi ces documentaires sur l’art seront-ils différents de ceux d’Arte?

On essaye de mettre le petit «twist» Paris Première, d’être moins lointain, même si Arte fait un gros effort là-dessus ces derniers temps. On a un esprit espiègle et une certaine complicité avec le téléspectateur. On a demandé aux équipes et réalisateurs de trouver une forme qui innove. Cela peut être une façon de filmer, de la téléréalité chic (et pas trash!) comme pour «Paris Dernière».

Cette saison vous proposez aussi une émission appelée «2», qui invitera deux personnalités d’univers différents à échanger sur leur vie, sans animateur. Qui allons-nous retrouver face à face?

On va commencer à tourner mi-octobre. Je ne peux pas encore vous dire qui a dit «oui» ou  «non». Je ne veux pas planter un numéro si des noms sortent dans la presse…

«Paris Dernière» a un nouveau visage, celui du critique gastronomique François Simon. Pourquoi ce choix?

Son pilote était mieux que les autres. On voulait aussi quelqu’un qui a vécu, qui a une vision du monde. Thierry Ardisson nous a appelés pour nous dire de le prendre en nous expliquant que François Simon était celui qui lui ressemblait le plus quand il présentait l’émission.

Qu’est-ce que François Simon va apporter à «Paris Dernière»?

Quelque chose de différent. Avec Philippe Besson on était dans quelque chose de très littéraire, François Simon va revenir à une déambulation avec plus de surprises comme le faisait Ardisson.

Vous dites avoir renforcé l’offre cinéma…

On a essayé de faire un travail de lisibilité de la grille: le mardi soir est consacré aux films français, le jeudi soir on propose une séance «box-office» et le dimanche soir des grands classiques. On va aussi faire une soirée icône par mois, en commençant par Romy Schneider. Il y aura ensuite Jack Nicholson, Marlon Brando…

Et du côté des séries?

On va diffuser la saison 6 de «Californication» et la saison 3 de «The Killing», et on a acquis deux mastodontes: «Vegas», avec un énorme casting (Dennis Quaid, Michael Chiklis, Carrie-Ann Moss), et «La Bible», série événement qui a fait 11 millions de téléspectateurs sur History Channel aux Etats-Unis. C’est énorme, on est très content de la proposer, ça commence en décembre.

Paris Première pourrait-elle bientôt passer sur la TNT gratuite?

Pour l’instant on est en payant et ça nous va très bien, comme l’a dit Nicolas de Tavernost [patron du groupe M6]. La possibilité du passage de la chaîne en gratuit c’est pour nous une assurance-vie.

Quelles seraient les conséquences pour la chaîne, éditorialement parlant?

On imagine bien qu’il faudra repenser à la ligne tout en restant sur nos fondamentaux. Le problème sera une question de budget, l’augmentation des droits.