On ira tous au numérique, on ira

©2006 20 minutes

— 

La télé est morte, vive la télé. Le 30 novembre 2011, le mode de diffusion de la télévision sur l'ensemble du territoire français basculera officiellement de l'analogique au numérique. Une date inscrite au projet de loi relatif à la télévision du futur, examiné à partir d'aujourd'hui au Sénat. En procédure d'urgence. Car, au vu des échéances électorales du printemps, « si la loi n'est pas votée début 2007, le chantier risque d'être reporté de plusieurs années, jurait vendredi, lors d'un petit déj' presse, le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres. Or les citoyens attendent ! » Jacques Chirac aussi, qui verrait d'un mauvais oeil que soit finalisée par un autre la nouvelle lucarne, proclamée « grand projet présidentiel ».

L'objectif de cette affaire lancée au pas de charge ? Une meilleure qualité d'images et vingt chaînes gratuites. En plus des six antennes actuellement disponibles, le téléspectateur lambda ajoutera à sa zappette les douze chaînes de la TNT et au moins deux autres à créer d'ici à 2012... Un bouquet dont devraient bénéficier « 100 % des Français, assure le ministre. La télévision est le compagnon de route du citoyen. Je veux établir la certitude du progrès pour tous. » Egalité devant le tube donc ! Pour satisfaire cette cruciale exigence, un fonds d'aide pourvoira en adaptateurs TNT ceux qui ne peuvent débourser les 40 e que coûte l'engin. Un prix promis à la baisse. Et pour que montagnards, frontaliers et ruraux s'unissent devant les mêmes programmes, plus de 115 sites d'émission terrestre, ainsi que des satellites, quadrilleront le territoire. Avec plus de chaînes gratuites, les Français passeront (encore) plus de temps devant le poste. Aujourd'hui, « les détenteurs de la TNT y sont plantés, en moyenne, quinze minutes de plus par jour que les téléspectateurs à six chaînes », note le ministère de la Culture. Quantité rime-t-elle pour autant avec qualité ? Pas sûr (lire ci-dessous). « Mais il faut laisser le temps à la TNT de trouver ses marques, estime le CSA. Nous demeurerons en tout cas très vigilants sur la teneur des grilles. » Les sénateurs aussi. Malgré l'urgence.

Christel Brigaudeau