Comment M6 a ressuscité le «Pensionnat de Chavagnes»

MEDIAS Vingt-quatre adolescents tentent d'obtenir, comme leurs grands-parents dans les années 1950, leur certificat d’études. M6 prépare le retour de son émission phare de 2004 et en a dévoilé les premières images ce mardi…

Annabelle Laurent

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 Les 24 élèves du "Pensionnat à la campagne", prévu à l'automne sur M6
 
 Les 24 élèves du "Pensionnat à la campagne", prévu à l'automne sur M6   — Jean Michel CLAJOT/M6

«Non mais laissez tomber y’a pas de wifi…». Pire, bien pire que l’huile de foie de morue au petit-déjeuner: la vie sans smartphone. Les ados d'aujourd'hui peuvent-ils réellement survivre à cette ultime amputation? «Supporteront-ils le retour à l’éducation des années 1950?». Eh oui, le concept est de retour sur M6.

Dix ans ont passé depuis «Le Pensionnat de Chavagnes» qui avait attiré 5,2 millions de téléspectateurs en moyenne sur la chaîne. Et puisque le non-respect de l’autorité, la baisse du niveau scolaire, l’omniprésence d’Internet dans la vie des ados sont «sans cesse au cœur des débats actuels», «quoi de mieux que de refaire l’expérience pour voir ce qui a changé en dix ans, si c’est plus difficile», lance la directrice des programmes Bibiane Godfroid, que le «réchauffé» n’effraie plus, dix jours avant la reprise d’une autre ancienne émission emblématique

C’est donc reparti pour les années 1950, avec un défi inchangé: faire décrocher à douze filles et douze garçons le certificat d’études de leurs grands-parents, en les enfermant un mois entre les murs d’un pensionnat où tout ne sera qu’ordre, obéissance et langue de bœuf au menu. Une nouveauté: le pensionnat est «à la campagne»: corvées de bois, soins aux animaux («Attends mais c'est des vaches d'Interville!») et «apprentissage des valeurs rurales» s’ajoutent donc au cocktail d’origine.

Mlle Lareigne, la relève de M. Navaron 

Mauvaise nouvelle pour les fans: M. Navaron n’y est plus surveillant. Mais la relève est là. La surveillante générale Mlle Lareigne sort du lot dès les premières minutes. «Comment elle va me saouler celle-là», souffle un pensionnaire à peine arrivé. Devant les images qu’elle découvre, la jeune femme, prof d’espagnol à Angoulême est tout sourire. «Un film» où elle et le corps professoral forcent le trait, cette émission? «Ceux qui me voient au quotidien doivent voir un film tous les jours alors!», rétorque-t-elle avec un aplomb désarçonnant.

Du côté des élèves, de 12 à 15 ans, en 4ème ou en 3ème, les fortes têtes sont là aussi. «Ils sont représentatifs d’une classe d’aujourd’hui, avec des bons, des mauvais élèves, issus de toute la France et de milieux sociaux divers», promet Emmanuelle Adler, la directrice des programmes chez Studio 89.

Prenez un M. Gautier, surveillant général haut de près de 2 mètres que vous opposez à un Ossama, 14 ans, qui lui arrive à la taille mais grogne, très sûr de lui «ça sert à rien de crier»: normalement, ça marche. Mais encore mieux si les ados n’ont rien vu du Pensionnat de Chavagnes, s’est méfié M6. Oui, ils avaient 4 ans lors de la diffusion du programme. Mais quelques vidéos YouTube, et hop…

La chaîne a donc mis un peu d’ordre. «On a tout nettoyé sur Internet pour qu’il n’y ait plus de traces de l'émission précédente», explique Bibiane Godfroid, «pour que les enfants le vivent vraiment comme une expérience». A les voir cacher, tout fiers de leur ruse, leur maquillage, boîtes de Pringles et smartphones dans les poutres de leur chambre, mission réussie, ils ne sont pas tombés sur des vidéos de Chavagnes.