Sagamore Stévenin: «Falco est un flic à l’instinct, "à l’ancienne"»

SERIES La nouvelle série policière de TF1 est diffusée ce mercredi soir à 20h40...

Annabelle Laurent
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Sagamore Stévenin alias Falco (TF1)
Sagamore Stévenin alias Falco (TF1) — © Christophe Chevalin / TF1
Falco ne sait pas ce qu’est une clé USB. Ignore qu’on ne peut plus fumer dans les lieux publics. En 1991, une balle l’a plongé dans le coma. Vingt-deux ans plus tard, il se réveille dans un monde qu’il ne reconnaît pas. Tête brûlée, il réintègre la police et tente de récupérer sa vie. Un rôle de premier plan pour Sagamore Stévenin (RomanceMichel VaillantCoco Chanel, Rouge Brésil), rencontré au Festival de télévision de Monte-Carlo, qui campe le nouveau flic de TF1 quelques mois après Jean Reno et Vincent Elbaz.
 
Avec le décalage sur les technologies, «Falco» joue sur le registre comique… 

Oui, ça m’a fait retrouver des souvenirs d’enfance! Quand mon père (Jean-François Stévenin, ndlr) a eu un Bi-bop, pour moi il était devenu président! Mais ce qui m’intéresse plus, c’est que Falco peut être une photographie de ce qui, de manière insidieuse, a changé.  Les années 1990, c’était la génération black-blanc-beur.  Il y avait ce vivre ensemble. C’était le début d’NTM… La société actuelle est complètement fractionnée. Et elle a changé sur des détails.
 
C'est-à-dire?
 
Aujourd’hui, quand on boit un coup de trop, on peut se retrouver en garde à vue. Falco est un flic à l’instinct, «à l’ancienne», mais le métier a beaucoup changé. «Falco» montre la violence de ce quotidien où pour 2.000 euros par mois, tu ramasses toute la misère de la société. Et puis c’est une série sur le deuil, sur un mec qui a perdu vingt-deux ans de sa vie.
 
Sortir de vingt-deux ans de coma, c’est un peu gros… 

Il y a des choses qui sortent de la logique de la médecine. Les vingt-deux ans justifient que sa fille ait beaucoup grandi, que sa femme ait refait sa vie, que la société soit différente. Ce qui me gênait, et je me suis un peu battu avec la prod et la chaîne, c’était le côté: «Je me réveille, je rase ma barbe, je mets mes Tiag et ça y est, c’est reparti.» Il fallait que le spectateur puisse entrer dans la tête de Falco et dans ce regard des «Dieux sont tombés sur la tête». C’est pour ça qu’avec le réalisateur, on a demandé à faire un épisode 0, qui est devenu l’épisode 1.
 
TF1 a décidé de ne pas renouveler «Jo» avec Jean Reno. Cela vous inquiète?

Bah ça met la pression! S’ils déboîtent Jean Reno, ils ne vont pas se gratter pour moi!
 
Etes-vous vous-même très consommateur de séries? 

Je suis accro à «Breaking Bad». Au Festival de Monte-Carlo, j’ai croisé Giancarlo Esposito (Gustavo Fring) et moi qui je suis super timide, j’ai été obligé d’aller le voir pour lui dire à quel point il était incroyable! Ce qui est très étrange, c’est que l’Amérique, qui est si puritaine, casse tous les tabous quand elle lance une série, alors que nous, réputés pour être des gueulards, on est toujours en train de se dire «On ne peut pas passer ça à 20h30!»

Six épisodes test
«Falco» est adaptée d’une série allemande, «Der Letezte Bulle» («Le dernier taureau») traitée dans un format très comédie. La saison 1 ne compte que six épisodes, répartis sur trois soirées, les 20, 27 juin et 4 juillet. TF1 «écoutera» l’audience pour décider ou non de la renouveler.