«Homeland», «Hatufim»: Fan de séries, j'ai deux amours

SERIES TV Ce jeudi soir, «Hatufim» s'achève sur Arte, tandis que «Homeland» (saison 2) reprend sur Canal+. De plus en plus fréquentes, les adaptations de formats étrangers n'empêchent pas les fans de regarder à la fois l'originale et la «copie»...

Annabelle Laurent

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«Hatufim» et «Homeland»
«Hatufim» et «Homeland» — Keshet Media Group et Showtime Networks Inc

Charlotte est boulimique de séries. Elle n’est pas passée à côté d’«Homeland» (Canal+), et sait bien qu’à l’origine, il y a la série israélienne «Hatufim» (Arte), qu’elle a découverte, comme beaucoup, dans un deuxième temps. Avant d’en devenir «accro». «The Office», «House of cards» (Grande-Bretagne), «The Killing» (Danemark), «In Treatment» (Israël)… On ne compte plus les adaptations américaines des formats étrangers. Parce que les téléspectateurs répondent présents? 

Le jeu des différences

Pour «Hatufim», ils sont unanimes: «Cela n’a rien à voir!» Myriam «apprécie "Homeland" pour le suspense, l’autre pour l’aspect sociétal. Peu de contenus nous arrivent d’Israël, ça change!». Pour Maud, c’était la «curiosité» de voir comment les Américains l’avaient adaptée. Fanny a elle interrompu la première après avoir découvert l’originale, «plus réaliste et humaine», «moins caricaturale». «Tout l’intérêt est de constater les différences, c’est un jeu», ajoute Sullivan. Plaisir de sériphiles qui permet aux chaînes d’oser la diffusion parallèle. Ici, Canal+ et Arte. Mais en 2007, TF1 avait fait plus fort encore, en diffusant en même temps les adaptations allemande et américaine d’ «Ugly Betty». Gonflé. «C’est en fait souvent une bonne chose car on parle deux fois plus de la série, confiait une responsable de chaîne à 20 Minutes. Cela suscite la curiosité et le public n’est pas forcément le même».

L'originale d'abord

Canal+ et Sky Atlantic adaptent en ce moment la suédo-danoise «Bron», un thriller dans lequel le corps d’une femme est retrouvé à la frontière, obligeant deux commissaires de police à coopérer, pendant que l’Américaine FX crée sa propre version, avec Diane Kruger. Les fans auront l’embarras du choix… Mais pour qui a le cœur déchiré entre deux séries, l’ordre a son importance. C’est d’abord le «House of cards» US qui a attiré l’attention de Lucas, mais il s’est «forcé» à commencer par son inspiratrice britannique. «Question de principe!», «comme celui de lire le bouquin avant de voir le film». Deux amours, mais une morale.

>> Lire par ici notre interview de Yaël Abecassis, actrice d'«Hatufim»

D’ «Hatufim» à «Homeland»

Les producteurs de la version américaine multi-primée (Emmy, Golden Globe…) avaient acquis les droits d’ «Hatufim» dès la lecture en 2010 des scénarios de Gideon Raff, recruté ensuite comme producteur exécutif. En Israël, la série, qui explore le syndrome post-traumatique des prisonniers de guerre, a battu le record d’audience pour une fiction télé.