Anatomie des séries hospitalières

Anne Demoulin

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Extrait de la saison 8 de la série «Grey's anatomy».
Extrait de la saison 8 de la série «Grey's anatomy». — Richard Foreman / ABC

Sur TF1, le final de «Dr House» en mars a attiré 7,6 millions de fans, la 8e saison de «Grey’s Anatomy» 6 millions de fidèles mercredi dernier. Les séries hospitalières affichent un bon bilan de santé. Anatomie d’un genre à succès.

Echographie

Apparue et popularisée dans les années 1950 et 1960, la série hospitalière repose «comme la policière sur un lieu et un collectif, qui entretient des relations internes et avec l’extérieur», explique Jean-Pierre Esquenazi, professeur à l’université Lyon 3 et auteur de Séries télévisées. L’avenir du cinéma ? (Armand Colin). Bref, un genre à fort potentiel narratif.

Auscultation

Un genre au pouvoir cathartique entre la vie, la mort et la maladie. «L’hôpital est le reflet de la société, qui s’inquiète justement de l’avenir des soins», souligne Nils Ahl, coauteur de Les 101 meilleures séries télévisées (Philippe Rey).

Scanner

Un genre qui s’hybride facilement.«En 1982, “Hôpital St-Elsewhere” intègre les codes du soap et donne naissance à la série hospitalière polyphonique telle que nous la connaissons», raconte Séverine Barthes, maitre de conférence à la Sorbonne Nouvelle, coauteur de Décoder les séries télévisées (De Boeck). Suit notamment «Urgences» en 1994, «la série hospitalière la plus réaliste, qui institutionnalise les cas types», selon Jean-Pierre Esquenazi.

Dissection

Les années 2000 voient la «déconstruction du soignant comme héros», remarque Séverine Barthes. Songez aux junkies que sont Nurse Jackie ou Dr. House. Mouvement généralisé dans le mode des séries, l’hybridation continue : «“Dr. House” est un mix entre la série hospitalière et le policier, House, c’est Sherlock Holmes», note Jean-Pierre Esquenazi. Et «Grey’s Anatomy», «un soap ironique au 28e degré», selon Nils Ahls.