Canal+ ou mille et une façons de filmer le ballon

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A deux ans de l'organisation par Pékin des Jeux olympiques, la Chine est une terre de mission et de croissance pour les professionnels du sport et de la télévision.
A deux ans de l'organisation par Pékin des Jeux olympiques, la Chine est une terre de mission et de croissance pour les professionnels du sport et de la télévision. — Patrick Bernard AFP/Archives

Le 9 novembre 1984, à la sortie des vestiaires des Canaris, Maxime Bossis et José Touré ont une surprise. Sur la pelouse, Charles Biétry et son micro les attendent. Pour sa première retransmission d'un match d'élite, Nantes-Monaco, Canal+ innovait. Dimanche, la chaîne fêtera avec Marseille-Lyon, sa 1 000e rencontre de Ligue 1.

Budget En 1984, les coûts de production s'élèvent à 250 000 francs (38 112 e) pour une rencontre. Désormais, c'est 250 000 e. L'inflation a aussi atteint les droits de diffusion. Canal+ a, en 1984, déboursé 700 millions de francs (106 millions d'euros) pour quatre saisons. Et pour la période 2005-2008, 1,8 milliard d'euros !

Caméras II y a vingt ans, cinq cameramen cadraient les pelouses. Ils sont maintenant vingt-cinq. Et disposent d'outils performants. En 1989, des caméras se nichent pour la première fois dans les filets. Un an après, la Louma, une cam' articulée, navigue derrière les buts. En studio, le dispositif technique s'est étoffé. Les statistiques sont apparues en 1987. Suivies en 2002 par le « révélateur hors-jeu », désignant les joueurs fautifs.

Effectifs Le Nantes- Monaco inaugural fut commenté par deux journalistes, Charles Biétry et Michel Denisot. Aujourd'hui, chaque match mobilise cent personnes. Et la chaîne peut piocher dans un vivier de cinquante consultants (lire ci-dessous). Le premier, Michel Platini, officie dès 1987. A l'époque, le micro de Laurent Paganelli décroche sa première télé-sélection.

Et après ? « On va encore progresser dans la couverture des coulisses du match », explique Hervé Mathoux de « L'Equipe du Dimanche ». Il y quinze ans, Roland Courbis, entraîneur de Toulon, avait, pour la première fois, laissé entrer des caméras dans son vestiaire pendant la mi-temps. « Mais la pratique n'est pas toujours bien acceptée, poursuit Mathoux. On aimerait, comme au rugby, pouvoir équiper les arbitres de micros, mais ce n'est pas simple. » Depuis deux ans, la chaîne a néanmoins convaincu certains joueurs de porter un micromaillot... pendant l'échauffement.

Alice Coffin