La Playlist D’«American Horror Story» : De «Psychose» à «Kill Bill»

TELEVISION La série «American Horror Story» sur Ciné+ Frisson s’amuse avec les classiques de la musique de film d’horreur.

Anne Kerloc'h

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Soeur Mary Eunice (Lily Rabe) dans «American Horror Story : Asylum»
Soeur Mary Eunice (Lily Rabe) dans «American Horror Story : Asylum» — Copyright : © 2012-2013 Fox and its related entities. All Rights Reserved.

Trois petites notes de musique qui foutent la panique. Entre médecin nazillon, monstres écorchés et électrochocs, la saison 2 de la série «American Horror Story» (sur Ciné+ frisson) s’attacher à visser  la peur dans nos mirettes. Mais les amateurs de cinéma de genre auront noté qu’elle fait aussi frémir nos oreilles.

 La série est en effet ultra-référencée dans sa bande-son.  Cet air siffloté est issu de Kill Bill, ce thème a connu une vie antérieure dans Pulsions de Brian de Palma ou dans le Dracula de Coppola. Des clins d’oreilles aux grands de la musique de Film, comme Bernard Herrmann, compositeur attitré d’Hitchcock, dont on reconnaît les notes de la scène du rideau de douche dans Psychose ou un thème de Vertigo.

Musique frontale, c'est du brutal

Pour Julien Dunand, documentariste spécialiste du film d'horreur, qui termine un film sur le festival d'Avoriaz Du sang dans la neige, «Film d’horreur et musique sont indissociables. Certains compositeurs sont très identifiants et identifiables. Bernard Herrmann, justement, avec ses musiques orchestrales essentiellement à base de cordes». Vous savez ce petit crissement de violon qui présage du pire.

 

On retrouve aussi ces stridulations chez Pino Donaggio, compositeur de Brian de Palma, également repris dans la série, via la bande originale de Carrie, dont la fameuse «musique du baquet de sang», nantie des cuivres lugubres. «Tout comme Brian de Palma était fasciné par Hitchcock, dont il a fait des remakes, Pino Donaggio était admiratif de Bernard Hermann. Une des passages musicaux de Carrie s'inspire d'un thème présent dans Psychose. On reste dans de la musique très frontale, par opposition à ce que le réalisateur John Carpenter, qui a introduit les synthés dans le film d'horreur, appelait la musique tapis, d'ambiance, qui crée le malaise à partir de sons moins évidents» note Julien Dunand.

Soeur Sourire revient de l'enfer

Autre pratique du film de genre: choisir un morceau emblématique qui passe et repasse de manière entêtante «comme si le film entier était hanté par ce morceau, parfois banal ou incongru». Dans «American Horror Story : Asylum » (la saison 2), il existe. Ce n'est ni de la musique planante ni du rock satanique. Il s'agit de la bluette catholique  «Dominique, nique, nique» de Sœur Sourire. On connaît la chanson? Celle-là saura nous surprendre...

Best of

La couleur musicale de la série n'a pas échappé aux fans qui compilent et commentent  le meilleur des playlists de la série sur différents sites de partage, de Youtube à Deezer