Mikaël Guedj : « Ne pas tourner en rond sur les éternelles questions »

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3 questions à Mikaël Guedj, futur présentateur des "Enfants d'Abraham"

Vous allez présenter prochainement sur « Direct 8 » l’émission « Les enfants d’Abraham » qui se présente comme la première émission de dialogues entre représentants des trois religions monothéistes. Comment se fait-il que seul Malek Chebel ne soit pas un religieux alors que le rabbin Haïm Korsia et l’abbé de la Morandais sont des hommes issus d’un clergé ?


Malek Chebel est un intellectuel musulman et croyant qui a une véritable légitimité puisqu’il est, entre autres, docteur en histoire des religions et l’auteur de « L’islam et la raison ». Ouvert et éclairé, il prône un islam des Lumières. Il faut aussi reconnaître que ces trois hommes sont amis et ont établi des relations de confiance, ce qui permettra de créer une dynamique au cours de l’émission. Les trois sont des personnalités érudites et imprégnées de textes sacrés qui apporteront un éclairage différent sur ce que l’on a l’habitude de voir et d’entendre.

N’est-il pas dangereux d’essentialiser la confession des intervenants et présupposer ainsi que des personnes de religions différentes auraient nécessairement une vision divergeante de l’actualité ?

Non, au contraire ! Il sera justement intéressant de constater qu’ils sont d’accord sur certains sujets et pas forcément sur ceux qu’on pourrait croire. En plus, un intervenant extérieur issu par exemple du monde culturel ou politique sera à chaque fois invité en fonction du thème abordé.

L’actualité récurrente autour de questions politico-religieuses comme l’affaire des caricatures, les propos controversés du pape ou l’affaire Redeker sera-t-elle abordée dans chaque émission ?

Le cahier des charges précise qu’il s’agit d’une émission d’actualités aux thématiques très vastes et les intervenants seront amenés à parler famille, éducation, immigration, environnement… On brossera large mais il est vrai qu’ils doivent aborder des sujets sur lesquels ils ont une véritable légitimité. Arriverons-nous à ne pas tourner en rond sur les éternelles questions du choc des civilisations ou de la possibilité de critiquer l’islam ? C’est un vrai challenge.

Propos recueillis par Alexandre Sulzer