«Koh-Lanta»: Le CSA envisage l'interdiction de certaines émissions de téléréalité avant 22h

TELEVISION C'est ce qu'a indiqué Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), au micro d'«Europe 1»...

A.L
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Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) va engager "une réflexion concertée sur le droit à l'information en matière sportive", a-t-il indiqué lundi dans un communiqué.
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) va engager "une réflexion concertée sur le droit à l'information en matière sportive", a-t-il indiqué lundi dans un communiqué. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Le CSA planchait déjà sur la question. La mort de Gérald Babin puis le suicide du médecin du jeu d’aventures ne font que l’encourager à passer à la vitesse supérieure concernant la télé-réalité, a affirmé ce mardi matin au micro d’Europe 1 Françoise Laborde, membre du CSA et ancienne journaliste de TF1. Le CSA compte désormais «aller plus loin», a-t-elle assuré. Le gendarme de l’audiovisuel va «recevoir l'ensemble des éditeurs de téléréalité pour leur demander ce qu'ils comptent faire», mais deux principales pistes ont d’ores et déjà été évoquées.

Plus de télé-réalité avant 22h. «On va d'abord réfléchir à de nouvelles signalétiques. Il y a un article d'une recommandation du CSA de 2005 qui interdit toute violence à la télévision entre 6h et 22h. C'est un article qui est assez peu utilisé. Peut-être qu’on va le réutiliser. C'est une réflexion que nous avons en cours», a indiqué Françoise Laborde. «Le "- de 12 ans" sur un programme veut dire qu’il ne peut plus être diffusé à 20h30», précise-t-elle. Si une saison 17 de «Koh-Lanta» voyait le jour, le CSA pourrait donc décider d’interdire le programme aux moins de 12 ans pour qu’il ne soit diffusé qu’en seconde partie de soirée.

Un psychologue présent en permanence sur les tournages. Face à «ce type de phénomène médiatique» qui «a tendance à broyer les gens», le CSA envisage une seconde piste: la présence d’un psychologue, «qui soit un médecin», «en permanence durant le tournage, et après le tournage», a également indiqué Françoise Laborde. Cette mesure pourrait faire l’objet d’une recommandation, «qui a force de loi, qui s’impose aux éditeurs de télévision», a insisté la journaliste.

Des préconisations déjà formulées à l’automne 2011. Le 4 octobre 2011, quelques mois après le suicide de François-Xavier, «FX» de «Secret Story», la commission de réflexion du CSA, co-présidée par Françoise Laborde et Francine Mariani-Ducray, rendait ses conclusions après un an de travail et le recensement de 120 types de téléréalité. Parmi ces préconisations: un «meilleur accompagnement psychologique des candidats avant, pendant et plusieurs mois après le tournage», une protection de jeune public avec un pictogramme «- 10 ans»  et une meilleure information du public sur le déroulement du tournage, la part de mise en scène, les critères de sélection des candidats. Ces préconisations n’étant, contrairement aux recommandations, pas contraignantes, Françoise Laborde a estimé au micro d’Europe 1 qu’il n’y avait pour le moment «pas d’éléments satisfaisants sur le suivi psychologique», même si «certaines émissions» les avaient écoutées.