Les crimes nazis comparaissent sur Arte

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Dimanche 1er octobre marque le 60ème anniversaire du verdict du procès de Nuremberg (sud de l'Allemagne), où la moitié des vingt-quatre dignitaires nazis jugés, notamment pour crime contre l'humanité, furent condamnés à mort.
Dimanche 1er octobre marque le 60ème anniversaire du verdict du procès de Nuremberg (sud de l'Allemagne), où la moitié des vingt-quatre dignitaires nazis jugés, notamment pour crime contre l'humanité, furent condamnés à mort. — AFP/Archives

C'était il y a un peu plus de soixante ans. Le 1er octobre 1946, le tribunal international de Nuremberg, après un an d'audience, condamnait à mort douze dignitaires nazis. A la demande du procureur américain, Robert H. Jackson, ce procès fut filmé, sous la houlette du cinéaste John Ford. Arte propose ce soir, à 20 h 45, dans Nuremberg, les nazis face à leurs crimes, de « plonger en temps réel dans le huis clos de ce prétoire historique, précise Thierry Garrel, directeur de l'unité documentaire, une gageure » ! Et une première, coproduite par la Compagnie des Phares et Balises avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Car « si des séquences, tel le témoignage de Göring, ont été insérées dans divers documentaires, le procès n'avait jamais été diffusé selon son fil chronologique », précise le réalisateur, Christian Delage, spécialiste de Nuremberg. Et pour cause, les vingt-cinq heures tournées à l'époque étaient « disséminées en 250 bobines de cinq à dix minutes, agglomérées de manière disparate, avance son assistante, l'historienne Caroline Moine. Il a fallu tout éplucher, et tout remonter ». Et ce matériau reconstitué, « nous avons dû traduire car les débats se tenaient en quatre langues ». Christian Delage a ensuite sérié « les moments les plus significatifs afin d'emmener le téléspectateur ».

Le film s'ouvre ainsi sur les chefs d'accusation visant les inculpés, et s'achève sur l'énoncé de leurs sentences. Il privilégie « des plans longs, seuls capables de livrer une vérité historique, explique le documentariste. Il existe de nombreux témoignages sur les crimes nazis, mais les dépositions faites par les victimes à la barre en présence de leurs bourreaux, ont une force unique à cause des hésitations ou des silences ». Là encore, un travail minutieux a été nécessaire. Le son était inaudible sur les bandes-vidéo. La production a donc effectué une postsynchronisation à partir de l'enregistrement magnétique des audiences. « L'objectif était de signer une oeuvre durable, souligne Thierry Garrel, un document qui puisse servir d'objet pédagogique partout dans le monde. » Les Etats-Unis et le Canada en ont déjà acquis les droits.

A. C.