«Top Chef» est-il trop long?

MEDIAS Trois heures de cuisine, jusqu'à l'indigestion? C'est l'avis de certains téléspectateurs. «On n'arrive pas à faire plus court» répond la production...

Annabelle Laurent

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Une partie des candidats de la 4ème saison de Top Chef. 
Une partie des candidats de la 4ème saison de Top Chef.  — ©Julien Knaub/M6

Lundi dernier, un pot-au-feu au chorizo «qui manquait de technique» a signé le départ de Julien… à 23h40. Devant leur télé, certains téléspectateurs baillaient allègrement tandis que d’autres avaient déclaré forfait après avoir tweeté «Il y en a qui travaillent demain».  

«Les producteurs des «Top chef» étrangers nous prennent pour des dingues! Chez eux, ça ne dure que 50 minutes. Nous on détaille les recettes comme si c’était le dimanche à 13h», se félicitait justement auprès de 20 Minutes Stéphane Rotenberg lors du lancement de la 4e saison. «C’est de la folie en prime-time. C’était vraiment pas gagné d’avance!» poursuivait l’animateur.

Le «Top Chef» américain, diffusé depuis 2006 sur la chaîne câblée Bravo, dure en effet 50 minutes. Dans la grande majorité des pays où l’émission a été adaptée, le format a été gardé tel quel. Seule la France a décidé de le transformer – de le «réinventer», pour parler en langage «Top Chef» -pour l’allonger de 20h50 à 23h45.

«C’est bon, c’est pas bon, merci, au revoir»

Car le public français est à part, répond la prod d’M6. «Pour s’adapter au public français, il fallait vraiment parler cuisine, sinon les gens n’accrochent pas. Dans l’émission américaine, qui est avant tout une émission de télé-réalité, on voit des gens faire des choses, barbecue-hamburger, hamburger-barbecue, pour caricaturer, et ensuite on dit c’est bon, c’est pas bon, merci, au revoir. Nous on a fait le pari d’un grand show de cuisine», explique à 20 Minutes Marc de Suzzoni, directeur artistique de Studio 89, filiale à 100% du Groupe M6 qui produit l’émission.

L’émission US compte deux épreuves. La version française en compte quatre. L’épreuve de la dernière chance, l’épreuve de la boîte noire, les commentaires des candidats sur leurs plats… Tout cela n’est que sur les écrans français. «On a voulu que les gens puissent s’approprier les recettes, que les candidats les expliquent, que les chefs soient mis à profit en faisant la même cuisine que les candidats, que les guests de l’émission aient toujours un lien avec la cuisine… et tout ça, ça prend du temps! Pour raconter tout ce qu’on veut raconter, on n’arrive pas à faire plus court», assure le directeur artistique, qui ajoute que la durée des primes est également spécifique en France. Cinquante minutes en prime-time, ça ne se fait pas. 

«On ne perd pas des téléspectateurs, on en gagne»

Vous perdez patience sur l’épreuve de la dernière chance? Elle est pourtant «très importante, depuis le début» aux yeux de la production. «On a eu dès le départ l’idée de terminer avec cette épreuve juste, car complètement à l’aveugle, à l’opposé de la logique de la télé-réalité», affirme Marc de Suzzoni. Quant à la cérémonie des couteaux sur fond de musique dramatique, point d’orgue de la dramaturgie de l’émission mais qui peut aussi jouer avec vos nerfs: «On a vraiment voulu construire Top Chef comme un thriller, c’est pour ça qu’on prend notre temps pour le suspense», assume le directeur artistique. 

«Il y a plus de gens qui suivent l'émission à 23h qu’à 22h. Les gens ne décrochent pas, ils sont de plus en plus nombreux au fil du temps. Si on les perdait, on se dirait qu’on a un gros souci, mais on en perd pas, on en gagne!» assure de Suzzoni. Les pics d’audiences des trois dernières émissions (la dernière a été suivie par 3,5 millions de fidèles en moyenne) ont été observés à 23h17, 23h et 22h45. Pas à 23h30, certes, mais relativement tard. 

>> Chaque lundi soir est pour vous synonyme de «Top Chef»? Etes-vous toujours aussi accros? Trouvez-vous l’émission trop longue, au-delà des coupures pubs? Cinquante minutes seraient-elles suffisantes? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.