«Pablo Escobar, patron du mal» sur France Ô: Une apologie du roi de la cocaïne?

TELEVISION La série télévisée qui a battu tous les records d'audience en Colombie débarque sur France Télévisions ce samedi à 20h50. Certains l'accusent de faire l'apologie du plus emblématique narcotrafiquant de tous les temps...

Annabelle Laurent

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Andrés Parra dans "Pablo Escobar, le Patron du Mal"
Andrés Parra dans "Pablo Escobar, le Patron du Mal" — © Canokamedia / Caracol Television

Il fut dans les années 1980 le narcotrafiquant le plus redouté au monde. Pablo Escobar, l’homme qui collectionnait les maisons de luxe et les voitures de collection – Forbes l’estimait 7e fortune mondiale en 1989. Pablo Escobar, l’homme qui terrorisa l'état colombien, commandita la mort de plusieurs milliers de personnes, civils, policiers, journalistes et représentants de l'Etat et finit abattu en direct à la télévision le 2 décembre 1993, dans son fief de Medellin.

L’Amérique Latine, nouvel eldorado des séries?

L’engouement de la Colombie pour une série dont Escobar serait le héros était prévisible. Mais les producteurs de «Pablo Escobar, patron del mal» ne s’attendaient sans doute pas à attirer, en mai dernier, pour le lancement, 70% du public, soit 11 millions de téléspectateurs. Du jamais vu. La série a depuis battu tous les records d’audience, et s’est exportée dans une quinzaine de pays.  La France suit le mouvement ce samedi, en diffusant les trois premiers épisodes dès 20h50 sur France Ô.

Une série latino-américaine sur les écrans français, c’est rare. «On considère encore avec dédain les séries venues d’Amérique Latine, parce qu’on pense aux telenovelas. Mais Il y a une réelle extension des genres, un vrai phénomène qui déboule de là-bas et auquel la France ne va pas échapper», assure Gilles Camouilly, directeur d'antennes et programmes de France Ô, persuadé que «c’est l’avenir de l’audiovisuel dans le monde qui se joue là-bas».

Une série à la gloire d’Escobar?

Loin de la telenovela, «Pablo Escobar, patron du mal», tirée de La Parabole de Pablo, le roman de référence d’Alonso Salazar, l'ex-maire de Medellín, est une série d’action qui a tout d’une superproduction américaine: tournée à Medellin, Bogota et Miami, avec plus de 1.300 acteurs, et un budget colossal de 164.000 dollars pour chaque épisode. Là encore, du jamais vu.

Mais si la qualité de la série a très rapidement fait l’unanimité, les inquiétudes se sont tout aussi vite portées sur le traitement réservé au roi de la cocaïne. La série ne tombe-t-elle pas dans le piège de l’humanisation du gangster, en générant de l’empathie à l’égard de celui que certains considèrent encore comme le bienfaiteur qui a construit logements, écoles et hôpitaux dans le pays?

La polémique a-t-elle préoccupé France Ô? «La série ne fait pas du tout l’apologie de Pablo Escobar, bien au contraire. Elle décrit un homme dans toute sa complexité, avec sa vie de famille, et sa face sombre», assène le directeur d’antenne, qui lance: «Le Parrain de Coppola a fait beaucoup plus l’apologie de la mafia et on ne lui a pas fait ce procès!»