Clémentine Autain: "En matière de sexisme, la palme ne revient pas toujours aux hommes"

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De son côté Clémentine Autain, adjointe au maire de Paris et apparentée PCF, présente à la Fête vendredi, se dit toujours disponible pour "fédérer toutes les sensibilités antilibérales".
De son côté Clémentine Autain, adjointe au maire de Paris et apparentée PCF, présente à la Fête vendredi, se dit toujours disponible pour "fédérer toutes les sensibilités antilibérales". — Joël Saget AFP/Archives
Trois questions à Clémentine Autain, adjointe (apparentée PCF) au maire de Paris chargée de la Jeunesse.

En tant que femme, faites-vous l’objet d’un traitement particulier dans les médias ?

Oui. Je n’échappe pas aux commentaires sur mon physique ou mes tenues. L’AFP, par exemple, a jugé nécessaire de me décrire physiquement dans un article consacré à ma candidature à la présidentielle 2007 : le journaliste parle de « mon allure juvénile et gracieuse » et évoque mes « cheveux courts et blonds» et mes « yeux bleus ». Ces détails sont rarement précisés lorsqu’il s’agit d’un homme.

Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Les médias ne sont que le reflet de l’organisation sociale. Le sexisme est partout, pas seulement en politique. La différence, c’est que nous sommes des femmes publiques, et quand on nous attaque, c’est toute la gente féminine qui est visée. Mais en la matière, la palme ne revient pas toujours aux hommes. Martine Aubry (maire PS de Lille) a fait fort quand elle a déclaré à propos de Ségolène Royal que « la politique n’était pas une affaire de mensurations »… Dans les médias, c’est pareil. Nathalie Ségaune, du Parisien, a écrit des articles corsés sur Anne Hidalgo (première adjointe PS au maire de Paris). Les femmes devraient faire preuve de solidarité et ne pas enfiler les habits de la misogynie.

Comment se protéger face à ce genre de dérive ?

Etre féministe et avoir un fichu caractère. Et puis il ne faut pas prêter le flanc à ce genre de commentaires. Les hommes vont devoir s’y mettre d’ailleurs, car le sexisme les touche aussi : les abdos de Villepin, le look de Delanoë… L’important, c’est de faire changer les mentalités au sein même de la société. En militant sur le terrain. La caissière de supermarché a sans doute autant de choses à dire sur le sexisme qu’une élue de la mairie de Paris.

Propos recueillis par Catherine Fournier